- L’Utah poursuit au pénal Kalshi et ses deux dirigeants, sans condamnation à ce stade.
- Ce sont des accusations : les faits reprochés restent à établir devant le tribunal.
- Le cœur du conflit est juridique : paris soumis aux lois de l’État, ou contrats dérivés relevant du droit fédéral.
- La procédure peut peser sur l’ensemble des contrats événementiels, selon l’issue du dossier.
Sommaire
- Les 14 chefs d’accusation retenus contre Kalshi et ses dirigeants
- Ce que l’opération sous couverture a permis d’établir
- Pourquoi les deux dirigeants sont personnellement visés
- Le cadre fédéral et le désaccord sur la nature des contrats
- Ce que la demande d’urgence de la CFTC peut changer
- Ce que l’action civile parallèle ajoute au dossier
- Foire aux questions
Le 28 octobre 2026, l’Utah a engagé des poursuites pénales contre Kalshi et deux de ses dirigeants, sur des accusations à établir.
Pour un opérateur ou un investisseur, la question est de savoir si ces contrats relèvent des lois de l’État ou du droit fédéral. Cet article détaille les griefs, les preuves et l’état de la procédure.
Les 14 chefs d’accusation retenus contre Kalshi et ses dirigeants
Le 28 octobre 2026, l’Utah a déposé des informations pénales devant le tribunal du troisième district, division de Salt Lake. Elles visent la société KalshiEX, LLC, son PDG Tarek Mansour et sa directrice des opérations Luana Lopes Lara.
Ce sont des accusations, pas des condamnations : aucune décision de culpabilité n’existe. Les procureurs imputent les 14 chefs à la société et aux deux dirigeants, au motif que la conduite relève de dirigeants qui contrôlaient l’activité de l’entreprise.
Pour replacer ces accusations parmi les autres recours, consulter les poursuites ouvertes au Missouri et en Utah. Les 14 chefs se répartissent en trois groupes :
- Un chef de « pattern of unlawful activity », crime de second degré : 15 ans de prison et 10 000 dollars d’amende au maximum.
- Douze chefs de « online gambling promotion », crimes de troisième degré.
- Un chef de délit de classe A : 364 jours de prison locale et 2 500 dollars d’amende au maximum.
Ce que l’opération sous couverture a permis d’établir
Le 13 septembre 2026, l’agent Scott Eggerman ouvre un compte sous couverture avec un nom, une adresse dans l’Utah, un numéro de téléphone local et une carte Visa de débit. Ces points restent des allégations, non des faits établis.
Avant sa première transaction, Kalshi lui a demandé de confirmer sa localisation, et l’agent l’a fait. Il affirme que son adresse IP et sa géolocalisation le plaçaient dans l’Utah. L’accusation fonde sur ces éléments la compétence de l’Utah.
L’accusation compte douze transactions et traite leurs frais comme des recettes ; pour le contexte, voyez les actions engagées en Floride :
- Les douze mises totalisent 114,87 dollars, chacune allant de 4 à 30 dollars.
- Les frais vont de 0,03 à 0,78 dollar. Sur la mise de 10 dollars sur Cowboys contre Giants, la commission était de 0,44 dollar.
- Chaque frais est compté comme une recette de l’un des douze chefs de promotion de jeux en ligne.
Pourquoi les deux dirigeants sont personnellement visés
Le droit de l’Utah permet de viser une société pour un acte accompli en son nom, sur le fondement de l’article 76-2-204(2). Pour chaque dirigeant, ce sont les chefs d’accusation qui le visent qui comptent.
Ce texte s’applique lorsque le conseil d’administration ou un haut dirigeant a autorisé, demandé, commandé, accompli ou toléré de façon téméraire l’acte, dans le cadre de ses fonctions.
Selon l’accusation, Mansour supervise les décisions commerciales, la stratégie et les employés de Kalshi. Lopes Lara répond des activités internes, du produit et du marketing. Ce sont des allégations, pas des faits jugés.
Les déclarations publiques citées servent aux procureurs à relier ces rôles à l’activité alléguée. Elles ne prouvent pas à elles seules la culpabilité. Pour le volet sportif, consulter le procès FMF Kalshi et la Liga MX.
Le cadre fédéral et le désaccord sur la nature des contrats
Le 4 août 2026, le juge fédéral Robert J. Shelby a accordé un jugement sommaire à l’Utah.
Il a jugé que le Commodity Exchange Act, la loi fédérale sur les dérivés, n’empêche pas d’appliquer les lois anti-jeu de l’État aux contrats sportifs de Kalshi.
Le 8 septembre 2026, la cour d’appel du dixième circuit a refusé à Kalshi une injonction. Le jugement reste donc applicable pendant l’appel. Pour le différend avec New York, voyez la procédure fédérale ouverte contre cet État.
Le désaccord porte sur une seule question : quelle nature juridique donner aux contrats sportifs de Kalshi. Le tableau oppose les deux qualifications, critère par critère.
| Critère | Thèse de l’Utah | Thèse de Kalshi et de la CFTC |
|---|---|---|
| Nature des contrats | Paris sportifs, soumis aux lois pénales de l’État | Contrats dérivés |
| Droit applicable | Lois anti-jeu de l’Utah | Commodity Exchange Act, loi fédérale sur les dérivés |
| Compétence revendiquée | Celle de l’État sur les paris pris sur son territoire | Compétence fédérale sur les marchés enregistrés |
Ce que la demande d’urgence de la CFTC peut changer
Le 29 octobre 2026, les États-Unis et la CFTC ont demandé au tribunal fédéral une ordonnance restrictive temporaire et une injonction préliminaire contre l’Utah. Elles visent les actions civiles et pénales liées aux contrats événementiels.
Elles demandent à l’Utah de les suspendre et de ne pas prendre de nouvelles mesures d’application. Leur argument : la CEA prévaut sur les lois de l’Utah. Pour le détail du conflit, il faut lire l’analyse du droit fédéral.
Avant la conférence du 6 novembre, aucune injonction n’avait été accordée. Une ordonnance restrictive temporaire sert à stopper un préjudice qui ne peut pas attendre la procédure ordinaire.
La doctrine Younger limite en général l’intervention d’un tribunal fédéral dans une procédure pénale d’État en cours, ce qui complique la demande. Elle ne tranche pas seule la demande, qui reste à la décision du juge Shelby.
Ce que l’action civile parallèle ajoute au dossier
Le 20 octobre 2026, l’Utah a engagé une action civile contre Kalshi et deux sociétés liées à Susquehanna International Group. Le dossier porte sur des contrats événementiels liés au sport, à la politique, aux élections et à la culture.
Les sociétés liées à Susquehanna sont accusées d’avoir agi comme teneurs de marché sur les marchés de Kalshi : elles ont fourni en continu des offres d’achat et de vente. Ce rôle les relie directement aux contrats visés.
Pour comparer ces demandes avec l’interdiction des paris au Brésil, voir la mesure du 25 septembre 2026, l’État réclame notamment :
- le blocage de l’accès aux marchés concernés pour les résidents de l’Utah ;
- la restitution des pertes subies par les habitants ;
- le remboursement des profits, que l’État estime entre 30,5 et 61,2 millions de dollars ;
- la déclaration de ces activités comme nuisance publique, avec l’autorisation donnée à un prestataire de géolocalisation pour faire respecter les restrictions.
L’Utah poursuit Kalshi et ses deux dirigeants au pénal, sans condamnation à ce stade. Le cœur du différend est juridique : il faut savoir si les contrats sportifs relèvent des lois de l’État ou du droit fédéral.
Pour la suite, il faut suivre la décision du juge Shelby sur la demande des États-Unis et de la CFTC.
Foire aux questions
Kalshi peut-elle encore proposer des contrats sportifs aux résidents de l’Utah ?
Rien ne l’interdit pour l’instant, mais elle s’expose à des poursuites.
Le jugement fédéral du 4 août permet à l’Utah d’appliquer ses lois anti-jeu à ces contrats, et la cour d’appel a refusé de suspendre ce jugement pendant l’appel. Aucune injonction n’a été accordée à ce jour.
Les autres États ont-ils engagé des poursuites comparables contre Kalshi ?
Oui. Le Missouri a engagé une action contre des contrats événementiels, et d’autres États ont pris des mesures comparables contre des plateformes de marchés prédictifs. Le conflit ne se limite donc pas à l’Utah.
Quelle peine est encourue pour un délit de classe A dans l’Utah ?
Dans l’Utah, un délit de classe A est puni d’au maximum 364 jours de prison locale et de 2 500 dollars d’amende. Dans le dossier Kalshi, un seul des 14 chefs relève de cette catégorie, la moins sévère des trois.
Les joueurs qui ont placé des paris sur la plateforme peuvent-ils être poursuivis dans ce dossier ?
Non, les 14 chefs d’accusation visent la société KalshiEX, son PDG Tarek Mansour et sa directrice des opérations Luana Lopes Lara, et non les personnes qui ont misé. Les joueurs n’apparaissent pas parmi les parties poursuivies dans ce dossier.








