- Le recul des résultats vient surtout de cessions et de restructurations, pas de l’activité courante.
- La prévision d’EBITDA ajusté baisse, et la suspension au Brésil en explique l’essentiel.
- La dette reste sous le plafond de covenant.
- La taxe britannique pèse lourd : il faut la retirer pour juger l’activité.
- L’objectif de Macquarie reste un avis d’analyste : il ne justifie pas un achat avant les prochains résultats.
Sommaire
- Les résultats du troisième trimestre, chiffre par chiffre
- Que fait Inspired Entertainment, et d’où viennent ses revenus
- Ce que la baisse de la prévision d’EBITDA change pour 2026
- Dette, trésorerie et capacité à générer du cash
- La fiscalité britannique : une hausse subie, une autre attendue
- Ce que vaut l’action face à l’objectif de Macquarie
- Les risques qui pourraient invalider cette lecture
- Foire aux questions
Le recul de 29 % affiché par Inspired Entertainment au troisième trimestre 2026 paraît brutal.
Ce repli reflète-t-il l’activité, ou des opérations ponctuelles ? Nous reprenons les résultats, la prévision révisée et l’avis de Macquarie pour dire ce qu’ils laissent présager pour l’action INSE, sans recommandation d’achat ou de vente.
Les résultats du troisième trimestre, chiffre par chiffre
Le recul de 29 % paraît brutal, mais il vient surtout de la vente des parcs britanniques et de la restructuration des pubs.
Hors ces changements, l’activité progresse d’environ 4 %, et d’environ 9 % sans la hausse de la taxe britannique sur les jeux à distance. Pour suivre le marché américain, voyez la part des machines à sous.
L’Adjusted EBITDA atteint 28,2 millions de dollars, pour une marge de 46 %, un peu sous les 28,73 millions attendus. C’est un résultat avant intérêts, impôts et amortissements, ajusté par la société.
Le résultat net, lui, paie ces charges, d’où une perte de 0,1 million seulement. Pour l’action, nous retenons surtout le chiffre net, qui dit ce qui reste.
Que fait Inspired Entertainment, et d’où viennent ses revenus
Interactive : jeux en ligne et iGaming
Inspired Entertainment vend ses solutions à des opérateurs de jeux et à des réseaux de points de vente. Interactive, sa division en ligne, fournit les jeux proposés sur les sites des opérateurs.
Au troisième trimestre, Interactive a progressé de 3 % en chiffre d’affaires, à 15,5 millions de dollars. Son Adjusted EBITDA a reculé de 5 %, à 10,2 millions.
Sur neuf mois, Interactive progresse de 17 % en chiffre d’affaires comme en EBITDA. C’est la tendance que nous retenons.
Retail Solutions : machines et solutions en points de vente
Parmi les trois divisions, Retail Solutions est celle qui recule le plus au troisième trimestre. Le tableau la place face à Interactive, la division en ligne.
| Critère | Retail Solutions | Interactive |
|---|---|---|
| Chiffre d’affaires du troisième trimestre | 37,4 millions de dollars | 15,5 millions de dollars |
| Variation du chiffre d’affaires | -39 % | +3 % |
| Variation de l’Adjusted EBITDA | -13 % (19,6 millions de dollars) | -5 % (10,2 millions de dollars) |
Virtual Sports : paris sur sports virtuels
Virtual Sports recule de 9 % en revenus, à 8,5 millions de dollars, et son Adjusted EBITDA baisse de 14 %, à 5,7 millions. Ces chiffres ne donnent pas de raison de se réjouir.
Les sports virtuels arrivent sur la plateforme iLottery du Massachusetts et chez FanDuel. Pour voir ce que la croissance des paris change, on peut lire la croissance des revenus de Sportradar. Nous attendrions le trimestre suivant avant de conclure.
Ce que la baisse de la prévision d’EBITDA change pour 2026
La prévision d’Adjusted EBITDA, soit le bénéfice opérationnel avant amortissements et charges financières, passe à 109–112 millions de dollars, contre 112–118 millions.
Le recul de 5 % du chiffre d’affaires paraît modeste, mais la suspension au Brésil explique l’essentiel de la baisse. Pour situer Inspired parmi les acteurs du secteur, voyez les plus gros casinos en ligne du monde.
La prévision suppose que la suspension brésilienne se poursuit, sans certitude réglementaire. Si elle dure jusqu’à fin 2026, le chiffre d’affaires du quatrième trimestre baisserait d’environ 3 millions de dollars.
Une fermeture durable retarderait la croissance d’environ un an. C’est là que se joue le dossier : sans reprise brésilienne confirmée, nous ne tenons pas la croissance pour acquise.
Dette, trésorerie et capacité à générer du cash
Au 30 septembre 2026, Inspired a 35,3 millions de dollars de trésorerie pour 322,9 millions de dette à long terme. Son levier net garanti, soit la dette nette sur l’EBITDA, ressort à 2,8 fois.
Le plafond est de 5 fois, et la marge de covenant dépasse 46 millions de dollars sur l’EBITDA. Nous ne voyons donc pas de pression bancaire immédiate.
Le flux de trésorerie disponible part des flux opérationnels, puis retire les investissements et les remboursements de location-financement. Sur neuf mois, il reste 17,6 millions. Le rachat de 5,2 millions en absorbe environ 30 %.
Nous ne ferions pas de ce rachat un argument d’achat, car il ne touche ni à la prévision ni à la dette.
La fiscalité britannique : une hausse subie, une autre attendue
La Remote Gaming Duty, la taxe britannique sur les jeux à distance, est passée de 21 % à 40 % en avril 2026. Une hausse pareille pèse lourd sur les comptes.
Il faut donc lire la croissance présentée plus haut hors de cet effet, sinon on confond l’activité et la fiscalité. Pour nous, c’est la seule façon de juger l’activité.
La Machine Games Duty, taxe britannique sur les machines de jeux, passe de 20 % à 25 % en avril 2027. Pour le groupe, cela veut dire :
- un coût estimé entre 2 et 3 millions de dollars à partir de l’entrée en vigueur ;
- une partie compensée par la hausse des volumes britanniques, qui a déjà joué au troisième trimestre ;
- des mesures, dont le développement de jeux, destinées à réduire le reste de cet effet.
Ce que vaut l’action face à l’objectif de Macquarie
Après les résultats, Macquarie maintient sa recommandation Outperform sur INSE, avec un objectif de cours de 7 dollars. Cela représente environ 100 % de hausse par rapport à la clôture de 3,50 dollars du 5 novembre.
Un objectif qui double le cours mérite un examen attentif. C’est le premier point à vérifier.
Le titre a cédé ce jour-là parce que le marché redoutait une révision plus forte. Il avait déjà perdu 63 % depuis le début de l’année.
Macquarie reste un avis d’analyste, pas une projection garantie. Nous ne ferions pas de cet objectif une raison d’acheter avant les prochains résultats.
Les risques qui pourraient invalider cette lecture
Le risque principal est une fermeture durable au Brésil : si la suspension se prolonge, son effet peut dépasser la prévision 2026.
Les règles brésiliennes et américaines du jeu en ligne restent sujettes à changements, et licences, taxes et frais peuvent réduire les marges. Nous attendrions la prochaine révision avant de prendre position, parce qu’une nouvelle baisse changerait tout.
Quatre points pourraient invalider cette lecture :
- Le levier : le plafond de la dette garantie tombe à 4,75 fois dès le 30 juin 2027.
- La dépendance au Royaume-Uni, qui fournit environ 69 % du chiffre d’affaires.
- Une nouvelle baisse de la fourchette d’Adjusted EBITDA 2026.
- Un recul des volumes britanniques.
Le recul de 29 % tient surtout aux cessions et aux restructurations, et la suspension au Brésil explique l’essentiel de la baisse de prévision. Avant de juger l’action, il faut donc séparer ces effets de l’activité elle-même.
Le prochain pas est simple : attendre la révision suivante de la prévision et voir si la reprise brésilienne se confirme. L’objectif de Macquarie ne remplace pas ce constat.
Foire aux questions
Inspired Entertainment verse-t-il un dividende à ses actionnaires ?
Non, Inspired Entertainment n’a pas versé de dividende à ce jour, et la société ne prévoit pas, pour l’instant, de versement en espèces.
Pour un actionnaire, le gain dépend donc uniquement de l’évolution du cours de l’action INSE, cotée au Nasdaq Capital Market.
Sur quelle place boursière l’action INSE est-elle cotée ?
L’action INSE est cotée au Nasdaq Capital Market, à New York, sous le symbole INSE. Le cours se lit en dollars, comme les résultats de la société. C’est ce code qu’il faut chercher pour suivre le titre.
Où consulter le communiqué complet de résultats trimestriels de la société ?
Le communiqué complet des résultats du troisième trimestre 2026 est accessible dans le dossier réglementaire de cette période. Pour le retrouver, on cherche ce dossier : il contient le texte intégral, et pas seulement une partie des chiffres.
Quelle différence faut-il faire entre l’Adjusted EBITDA et le résultat net ?
Il faut distinguer deux chiffres : l’Adjusted EBITDA mesure l’activité avant intérêts, impôts et amortissements, tandis que le résultat net est ce qui reste après toutes ces charges. Le premier ne montre donc pas ce qui revient aux actionnaires.








