Bosnie Herzegovine

Toute l'actualité sur la Bosnie-Herzégovine

INTERVIEW

JULIE BIRO : Elle fait parler les non-dits des Bosniens

mardi 7 février 2012 par BH Info - 1

Julie Biro, chargée de mission Europe de l’Est auprès de l’ONG CCFD Terre solidaire, poursuit son travail avec les associations bosniennes mais depuis peu, elle s’est également trouvé une nouvelle passion, le film. Dans son premier court-métrage intitulé No Name, la jeune femme a dressé un portrait caché de la Bosnie-Herzégovine et de ses habitants, à travers leurs non–dits. Juste avant son départ à Sarajevo, Julie Biro nous a accepté de nous dévoiler quelques détails.

Vous venez de finir le tournage du court-métrage ‘No Name’, un film qui est le fruit de votre expérience et votre vision de la Bosnie-Herzégovine d’aujourd’hui. C’est très différent de tout tout ce que vous avez fait jusque-là. Pourquoi faire un film ?!

Julie Buro - "J’avais envie de faire autre chose, de travailler avec ’l’mage’ qui est fort, qui parle d’elle-même et me voilà avec un court-métrage ! Au départ, je voulais savoir comment les Français ont accueilli les Bosniaques, je voulais filmer des histoires des deux côtes, et finalement, au fil de ce travail, une autre idée m’est venue, celle d’un film sur Milomir Kovacevic-Strasni, le célèbre photographe de Sarajevo, sur son exposition-livre « Sarajevo dans le cœur de Paris », sur Emir Sehic, (Association Paris-Sarajevo-Europe) qui parle de son histoire, sur d’autres Bosniaques aussi… J’ai compris qu’à Paris il y a une petite Bosnie mais que les gens ne connaissent pas.

Dans No Name, les images parlent d’elles-même sur les personnages du film. Milomir s’exprime avec ses photos qui dégagent souvent un silence mais un formidable silence qui dit tout ! C’est la Bosnie vu par ses non-dits ! Je suis à la base historienne mais je ne voulais pas donner ma version de la guerre, de tout ce qui s’est passé, non ! Il y a des versions ! Les historiens font leur travail, la justice devrait faire le sien ! Les images, des photos de Milomir, de Miro et des autres, leurs histoires sont vraiment très profondes ! Je voulais leur faire savoir qu’ils ne sont pas trahis ! Je les ai observés et ce que j’ai vu, c’est l’amour, le respect, la solidarité et la douleur aussi ! C’est ce que je voulais montrer".

Et on verra bientôt ce film ?

J.B. - "Pour le moment, nous n’avons pas encore de date précise, nous cherchons la salle mais cela ne devrait pas tarder".

’Domaci proizvod’ au coeur d’intérêt

Vous êtes passionnée par la Bosnie que vous avez connue en tant qu’étudiant, en 1992, dans le cadre de votre engagement pour le Comité contre la purification ethnique. Depuis 10 ans, votre travail à l’ONG CCFD Terre Solidaire vous y amène souvent. En quoi consiste l’action du CCFD Terre Solidaire en BH ?

J. B. - L’action du CCFD Terre Solidaire en BH est diverse. En partenariat avec Jovan Divjak et son association ’Education construit la BH’, nous participons à des projets de soutien psychologique des orphelins sans père. D’autre part, l’une de nos grandes préoccupations actuelles consiste à mettre en place un projet de ‘souveraineté d’alimentation’ en BH. Il s’agit en fait de soutenir les associations bosniennes d’agriculteurs dans leurs efforts de promouvoir la consommation des produits locaux, des « domaci proizvodi » et d’aider ainsi les agriculteurs de vivre dignement de leur travail. En France, nous avons une forte tradition des mouvements paysans qui aident les petits producteurs de vendre leurs produits sur place et de vivre de ces ventes. En Bosnie, les associations locales sont très intéressées par le projet mais des obstacles de nature politique et institutionnelle freinent son aboutissement. C’est un travail de long terme !

De quelle façon, le CCFD les aide-t-il ?

J.B. - De notre côté, il s’agit d’un soutien logistique et financier mais yut le travail doit être accompli par les associations locales, c’est à elles de se battre avec les institutions pour pouvoir mettre en route les projets. La Bosnie-Herzégovine est un pays riche, avec tellement de possibilités, de bons produits… Ce serait dommage de ne pas réussir de le faire. Il y a également la filière bio qui a un fort potentiel mais là aussi, il faut qu’il y ait une forte volonté de la part des associations bosniennes. Il faudrait décider d’abord ce qu’on plante, ce qu’on vende et avec qui on travaille...".

En espérant que Julie pourra atterrir à Sarajevo sans problème….

Propos recueillis par Zdenka BRAJKOVIC

Répondre à cet article

modération à priori

Ce forum est modéré à priori : votre contribution n'apparaîtra qu'après avoir été validée par un administrateur du site.

Un message, un commentaire ?
  • (Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.)

Lien hypertexte (optionnel)

(Si votre message se réfère à un article publié sur le Web, ou à une page fournissant plus d'informations, vous pouvez indiquer ci-après le titre de la page et son adresse.)

Qui êtes-vous ? (optionnel)

1 Message

  • Bonjour Contactez moi ! jdestleger@yahoo.fr Si je peux essayer de vous aider à la diffusion de ce court-métrage En dehors d’une activité éco entre France et BH (une vielle histoire d’amour :) depuis plus de 3 ans) j’ai eu avant des resp.tés pendant plus de 10 ans à l’Agence Francaise du Court Métrage. J’ai encore pas mal de contact... On ne sait jamais. Vidimo se :) JC St Leger

    Répondre à ce message

Dernière mise à jour :
2 juin 2012

AGENDA

Invest in Bosnia
Inscrivez-vous

POINT DE VUE

On a aussi voté en Serbie

Il y a aussi eu, le 6 mai, des élections en Serbie, regroupant le même jour celles concernant le Président de la République, l’Assemblée nationale et les municipalités. Boris Tadic, Président sortant (...)