Toute l'actualité sur la Bosnie-Herzégovine

Accueil > A la une > Critique | L’avancée de la nuit de Jakuta Alikavazovic

Critique | L’avancée de la nuit de Jakuta Alikavazovic

lundi 13 novembre 2017 par Zdenka Brajkovic   Partagez sur FacebookTwittez cette information

Encore un beau livre écrit en français par un auteur d’origine de Bosnie-Herzégovine ! Jakuta Alikavazovic est déjà connue et reconnue en France, lauréate de plusieurs prix littéraires dont le prestigieux Goncourt pour premier roman ’Corps volatils’. Son nouveau roman ’L’avancée de la nuit’ est l’un des plus remarqués, classé par le Figaro parmi les meilleurs de cette rentrée littéraire 2017.

En 2013, Jakuta Alikavazovic est pensionnaire de la villa Médicis à Rome et c’est le cadre dans lequel elle écrit son quatrième roman, « un grand roman d’amour et d’épuisement », « hanté par les souvenirs de la guerre en Bosnie », comme le décrit le journal Le Monde des Livres.

D’un père monténégrin et d’une mère bosnienne, Jakuta Alikavazovic est née à Paris en 1979. Elle est un élève français, une femme de lettres françaises, son écriture et sa pensée l’illustrent parfaitement. Mais on échappe rarement à ses origines ! Jakuta ne pouvait pas y échapper non plus, la guerre qui a déchiré la Bosnie a laissé des traces.

L’héroïne principale de son roman, Amélia est détruite par ce conflit, émotionnellement et psychiquement. Cela montre à quel point cette guerre a marqué toutes les générations, celles qui sont nées avant comme après la guerre. Pourtant, ce livre est différent par sa manière de l’évoquer, dans L’avancée de la nuit on ne trouve pas de réponses, ni de détails sur ce qui s’est passé en Bosnie dans les années 1990. Le nom de la capitale de la Bosnie, Sarajevo, n’est d’ailleurs que très rarement cité, il faut le deviner.

Amélia, étudiante, habite à l’hôtel (occupante de la chambre 313,) car elle est riche héritière et sa famille est propriétaire de cette chaîne d’hôtel. Tout autour d’elle est un mystère. Paul est étudiant, il vient d’un autre milieu social, et pour pouvoir étudier, il travaille comme gardien de cet hôtel. Un amour fou naît entre eux… Mais Amélia disparait une nuit, sans rien dire, pour se rendre à Sarajevo. Elle est à la recherche de sa mère dont lui ne sait rien.

On ne retrouve pas Sarajevo auquel on s’attend. Tout est raconté d’une manière différente. A son retour de Sarajevo, quand Paul renoue avec Amélie une nouvelle vie commune, loin de l’hôtel, dans un bel appartement, dans un confort qui lui a créé pour elle, Amélia lui échappe. Amélia disparait toujours, même après la naissance de Louise, leur fille. Paul reste avec Louise mais Amélia, la mère, est absente aussi, comme sa propre mère l’était pour elle. Les deux mères sont ailleurs.

Une autre histoire du livre traite l’amour des pères, celui de Paul et de son père. Un regard intellectuel, profond qui intrique, laisse à réfléchir sur des milliers souffrances provoquées par la guerre.

L’avancée de la nuit, sera-t-il un jour traduit en bosnien ? Difficile d’échapper à cette interrogation à chaque lecture de l’un de ces nombreux auteurs « étrangers » de Bosnie, des écrivains de talent qui vivent aujourd’hui au quatre coins du monde et qui nous appartiennent quel que soit leur langue d’expression.

par Zdenka Brajkovic


L’Avancée de la nuit, de Jakuta Alikavazovic, L’Olivier 2017

Un message, un commentaire ?

modération a priori

Ce forum est modéré a priori : votre contribution n’apparaîtra qu’après avoir été validée par un administrateur du site.

Qui êtes-vous ?
Votre message
  • Ce formulaire accepte les raccourcis SPIP [->url] {{gras}} {italique} <quote> <code> et le code HTML <q> <del> <ins>. Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.