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Guillaume Ancel | Témoigner pour démonter la fable du siège de Sarajevo racontée par la France

jeudi 30 novembre 2017 par Zehra Sikias  |  11 Partagez sur FacebookTwittez cette information

La France a-t-elle menti sur l’histoire du siège de Sarajevo ? Le livre « Vent glacial sur Sarajevo » paru aux éditions Les Belles Lettres tente de donner des réponses bien différentes de la version officielle sur cette épisode de la guerre en Bosnie et notamment sur le rôle que la France y a joué. L’ancien officier français Guillaume Ancel, l’auteur du livre, livre ici un témoignage sans concession et rare pour la Grande Muette. Ecrit comme un journal, mené au jour le jour par l’auteur durant son séjour en Bosnie, le livre relate avec justesse les faits, les propos et les opérations et dévoile progressivement au grand jour le parti pris pro-serbe de la France de l’ère Mitterrand, une France obsédée de protéger les Serbes contre une éventuelle intervention militaire, parfois même au prix du sacrifice de ses propres soldats. On y découvre une France qui tenant les postes clef du commandement des casques bleus en Bosnie-Herzégovine verrouille les frappes aériennes de l’ONU et ne fait rien pour soulager la souffrance de Sarajevo encerclé ou pour empêcher les massacres de Srebrenica. Entretien avec Guillaume Ancel.

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Guillaume Ancel

BH Info : Vous êtes envoyé à Sarajevo encerclé pour diriger une équipe spéciale chargée de guider au sol les frappes aériennes de l’ONU. Or, rien ne se passe comme prévu...

Guillaume Ancel  : J’arrive à Sarajevo en janvier 1995. Nous sommes stationnés à l’aéroport de la ville qui représente en quelque sorte la porte du siège. La ville est épuisée après trois ans d’encerclement mais on dispose d’un mandat de l’ONU nous permettant de faire respecter la zone d’exclusion des armes lourdes sur un périmètre de 30 kilomètres autour de Sarajevo. Cet accord doit soulager la population car s’il n’est pas respecté, mon équipe peut déclencher des frappes aériennes très ciblées pour détruire des armes. Nous disposons à Sarajevo d’une véritable armada de 450 avions, d’un dispositif militaire très puissant et des militaires de la Légion étrangère très entraînés. Nous nous déplaçons tout le temps et constatons au quotidien le non-respect de l’accord en question. Comme la population de Sarajevo, mon équipe est exposée elle-aussi aux hostilités des Serbes, on nous cherche, on nous défie, on nous snipe... En six mois, j’ai effectué 260 guidages et j’ai demandé une centaine de fois les frappes aériennes mais on ne m’a pas autorisé une seule fois de le faire. A chaque fois, les avions de l’OTAN sont venus mais on a repoussé la frappe au dernier moment.

BH Info : Vous dites que ce n’est pas le mandat de l’ONU qui empêche l’intervention mais la France ?

G.A. En Bosnie, la France verrouille la chaîne du commandement de l’ONU. Sur toute la Bosnie, les Français ont des postes clefs. Or pour la France, ce n’est pas politiquement souhaitable d’intervenir contre les Serbes, c’est l’héritage de l’ère Mitterrand dont les proches conseillers politiques et militaires - l’amiral Jacques Lanxade, le général Raymond Germanos, le général Bernard Janvier, Hubert Védrine, Alain Juppé... resteront très influents même après l’arrivée au pouvoir de Jacques Chirac.

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Guillaume Ancel, Sarajevo

BH Info : Vous dites, j’aurais préféré que la France n’intervienne pas en Bosnie car elle n’a fait qu’empirer les souffrances des Sarajéviens...

G.A. La mission de l’ONU était de protéger la ville. Mais nous avons protégé l’agresseur, les Serbes, parfois même au risque de mettre en péril nos propres militaires. L’opération Sumarska est emblématique et illustre parfaitement l’aveuglement de la politique française. Au moment où les Serbes ont décidé de prendre en otages les Casques bleus pour s’emparer de plusieurs postes de l’ONU, une vingtaine de nos hommes, des Légionnaires, se font assiéger par les Serbes dans la ferme Sumarska, près de Lukavica. Nous savons qu’ils vont se faire tuer si nous n’intervenons pas. Pour les protéger donc, je prépare une frappe aérienne mais au dernier moment, nous recevons l’ordre d’annuler et de laisser tuer les Légionnaires. Je demande alors un ordre écrit en sachant que c’est impossible de me le fournir dans les temps, un prétexte pour continuer à intervenir si la situation devient vraiment critique. Les pilotes ont accepté de simuler une frappe si proche des Serbes que finalement, ces derniers n’ont pas osé attaquer. J’ai compris ce jour là jusqu’où on était prêt à aller pour protéger les Serbes.

BH Info : Tout de suite après cette épisode, dans la nuit, les Serbes prennent le pont de Vrbanja en se déguisant en Casques bleus. Ligne de séparation entre les assiégeants et les assiégés, le pont Vrbanja est situé au centre-ville de Sarajevo. Pour le général français Hervé Gobillard, qui commande les troupes des Casques bleus de Sarajevo, c’est trop et il décide d’intervenir malgré les ordres de Bernard Janvier...

G.A. Les Français ont longtemps pensé que les Serbes n’iraient pas aussi loin. Et bien si. Si on laissait les Serbes prendre le pont de Vrbanja, on savait que leur prochaine cible seraient l’aéroport, le verrou du siège. Le général français Gobillard décide de désobéir aux ordres du général Janvier et de le reprendre par la force. Pour la première fois dans cette guerre, nos militaires se battent contre les Serbes, plusieurs d’entre eux sont tués lors de cette attaque menée par un certain François Lecointre. Ensuite, on a reconstruit l’histoire en affirmant que le général Gobillard avait reçu l’ordre du président de la République...

BH Info : Qu’est-ce qui vous faisait croire que les Serbes avaient l’intention de prendre l’aéroport ?

G.A. On le savait et on en a eu la confirmation deux ans après lorsqu’on a découvert que les Serbes avaient creusé des tunnels d’invasion pour pénétrer sur la base de l’ONU.

BH Info : De manière exceptionnelle, on vous demande de faire les guidages à Srebrenica. 48 heures avant le déclenchement des massacres, les Hollandais demandent des frappes aériennes, toujours sans en obtenir l’autorisation.

G.A. Nous avons empêché que les Serbes soient frappés à Sarajevo, la même chose est arrivé à Srebrenica. Juste avant mon départ de Bosnie, j’assiste en direct aux massacres qu’on regarde sur l’écran, des photos aériennes prises toutes les deux heures. A Srebrenica, les Serbes ont voulu nous montrer ce qu’ils faisaient. Leur message était : « regardez ce que nous sommes en train de faire, nous massacrons ceux que vous deviez protéger ». Je pense que si les Serbes se sont permis Srebrenica, c’est qu’ils avaient un accord, ils savaient que nous n’interviendrions pas.

BH Info : Quelle était la position des militaires français face à cette attitude du commandement ?

G.A. Sarajevo est la seule fois où j’ai vu les Légionnaires perdre pied, notamment quand le général Janvier, un ancien Légionnaire, a exigé que son fils soit rapatrié en France. Toute une génération de militaires français a été marquée par la Bosnie, Sarajevo est un fantôme qui hante leur mémoire.

Vous dites : les Français ont prolongé la souffrance des Sarajéviens et des Bosniens en général ?

G.A. Au lieu de protéger Sarajevo, nous avons fait le contraire. La France a été ouvertement pro-serbe. Je suis sûr que le général britannique Michael Rose, s’il avait été à la place du général Janvier, n’aurait pas hésité à frapper les Serbes. L’intervention de l’Otan a été d’ailleurs vécue comme un soulagement par les militaires français qui ont gardé une rancoeur très forte contre les Serbes. Les Serbes ont supplié d’arrêter les frappes qui ont détruit 90% des cibles serbes en seulement 48 heures, en seulement deux jours. Forcément, on est en droit de se demander pourquoi, pourquoi il a fallu attendre quatre ans pour arrêter ce conflit qui a fait tant de victimes.

BH Info : Après vingt-cinq ans de silence, pourquoi témoigner aujourd’hui ?

G.A. Je ne cherche pas à expliquer la guerre en Bosnie-Herzégovine, mais je veux que les Français sachent la réalité de notre engagement dans le siège de Sarajevo, alors que cette opération a été menée en leur nom et décidée par des responsables qui ne veulent pas assumer leurs décisions. Je n’ai jamais compris pourquoi la France a agi ainsi, comme je n’ai jamais compris pourquoi la France avait protégé les génocidaires au Rwanda où j’ai été en mission juste avant la Bosnie. Il est temps de demander des comptes plutôt que de raconter des fables...


propos recueillis par Zehra Sikias

Vos réactions

  • From Ronan.
    Je ne vais pas polémiquer sur « l’intervention anonyme » car il/elle fournit des vérités quant aux responsabilités US et Allemandes dans le déclenchement des guerres de Croatie et de Bosnie-Herzégovine. Il suffit de s’intéresser au rôle joué par Klaus Kinkel, Hans-Dietrich Genscher ou Helmut khol dans la volonté de pousser Slovénie et Croatie vers l’indépendance qui leur était autorisée par la constitution Kardelj de 1974. Cependant, la conséquence prévisible était que la BiH allait suivre sur cette voie suite à l’échec des négociations 4+2 dont elle était à l’initiative avec la Macédoine de Gligorov et que les conséquences en seraient dramatiques pour elle : Radovan Karadzic le rappelant devant tous les parlementaires présents dans l’enceinte du parlement Bosniaque.
    Quant aux casques bleus français, il est peut-être utile de rappeler qu’ils sont ceux qui ont laissé le plus d’hommes sur le terrain : environ 80 tués sur 200.
    Ce sont eux qui ont aussi empêché un groupe de paramilitaires serbes de franchir le pont de la Vrbanja sur décision de Gobillard. Je rappelle que ces paramilitaires serbes avaient dérobé auparavant des uniformes des casques bleus français dans une laverie automatique de la ville. A ceux qui veulent mieux comprendre le rôle ingrat joué par les casques bleus en BiH, je recommande la vidéo disponible sur le net de Peter Kosminsky : « Warriors, l’impossible mission ».
    Passons au Rwanda : Il est vrai qu’avant le génocide les soldats français des D.A.M.I ont entrainé les militaires de Juvénal Habyarimana. Des incursions régulières des « rebelles » tutsis depuis l’Ouganda voisin avec accrochages à la clef depuis 1990 n’ont fait que renforcer cette coopération militaire entre les deux pays.
    Durant le génocide, des armes venant de France sont encore arrivées dans le pays. Elles ont servit aux milices interamwe pour perpétrer leurs massacres à très grande échelle.
    Après le génocide, l’opération Turquoise sous commandement français a permit aux milices interamwe de se carapater avec armes et bagages parmi les civils qui fuyaient le génocide.
    Cela a prolongé la guerre dans les deux Kivu voisins en RDC qui ne s’est pas arrêtée depuis.
    Ce qu’il faut pourtant ne pas perdre de vue, c’est que Carla Del Ponte, qui fût procureur au début pour les deux TPI : TPIY et TPIR, s’est vu retirer son mandat pour le Rwanda quand elle a osé demandé à enquêter sur les massacres du FPR de Paul Kagamé lors de la reconquête vers la capitale Kigali.
    Paul Kagamé n’a jamais désiré arrêter le génocide car il légitimait son retour en force par les armes, alors que par les élections il n’aurait jamais pu devenir le président du pays à cause des conséquences de la colonisation belge. Entre autre l’affichage sur les cartes d’identité de « l’ethnie » Hutu ou Tutsi.
    Alors quelles sont les vraies raisons qui ont poussé au génocide rwandais ?
    Premièrement, après l’échec de l’intervention US en Somalie (voir le film : La chute du faucon noir), les USA se sont décidés à participer au côté des anciennes puissances coloniales dont la France et la GB encore présentes, au partage du gâteau.
    Un sénateur US a dit que les deux Kivu en RDC étaient des zones de « scandale géologique » !
    Ces deux provinces de RDC sont depuis 1994 et la fin du génocide rwandais en zone de conflit entre les FARDC : l’armée régulière congolaise et les milices soutenues soit par le Rwanda soit par l’Ouganda qui contrôlent l’exploitation par les enfants, des mines de Coltan entre autre.
    Il est à ce stade utile de rappeler que le FPR est parti du sol Ougandais où il s’entraînait sous la bienveillance de son président Museweni pour repartir à la conquête de Kigali !
    Aujourd’hui, c’est une multinationale US qui permet la sortie de se fameux coltan sous contrôle indirect du Rwanda et de l’Ouganda, afin d’en extraire le Nobium et le tantale . Le coltan s’appelle également la colombo-tantalite.
    Donc le retour du FPR/APR, aux affaires rwandaises a été couvert par le génocide en vue de se servir dans les deux Kivu voisins en RDC.
    Il a aussi servit a chasser la présence française dans la zone des « Grands Lacs ». Cette une association US/GB/Israël qui en ai à l’initiative.
    En ce sens le livre de Pierre Péan : « Carnages, les guerres secrètes des grandes puissances en Afrique » (Fayard, novembre 2010) est certainement le document le plus proche de la vérité disponible pour le public.
    PS : depuis 1994 la RDC compte plus de 3 millions de morts parmi les civils (viols systématiques des femmes....),mais cela est encore largement passé sous silence car la responsabilité US est là fortement engagée. Ce n’est pas Carla Del Ponte qui me démentira sur ce point. Sa mise au placard à l’ambassade de Suisse en Argentine quand elle osé vouloir enquêter sur les massacres du FPR lors de la reconquête du Rwanda s’est sans doute faîte suite aux directives de Georges Tenet, le patron de la CIA qu’elle avait déjà rencontré !

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  • Un vieux proverbe ... bosniaque.
    à l’attention de Monsieur le français anonyme « pas d’accord avec ... je ne considère pas qu’il y a eu génocide en Bosnie ».
    *** Il vaut mieux tourner 7 fois son porte-plume dans l’encrier avant d’écrire. ***
    On évite ainsi de dire des bêtises, en particulier quand on ne connaît rien au sujet.

    • Bien dit Bruno, je suis tout à fait d’accord avec ce que vous avez dit en réponse de la personne anonyme et également ça vaut pour Ronan Chiquet ...

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  • Moi je suis français et je ne suis pas d’accord avec la propagande tendencieuse de M. Ancel et je ne suis pas d’accord avec cet article non plus.
    (1) M. Ancel n’arrête pas de parler des « serbes » pour qualifier les miliciens d’ethnie serbe auteurs des crimes de guerre et des crimes de masse qui ont été commis, en particulier le massacre de Srebenica. Autrement dit M. Ancel rend responsable tout le peuple serbe de ces crimes. Ceci est malhonnete de la part de M. Ancel.
    (2) M. Ancel parle des casques bleus comme une force neutre alors qu’ils étaient politiquement au service des grandes puissances. Il désigne les forces Serbes comme « l’agresseur », mais Quid de l’armée croate qui est intervenue militairement en Bosnie ?
    M. Ancel parle des forces serbes déguisés en casque bleu, mais en quoi est-ce interdit par les conventions de Genève ? Il faudrait qu’il l’explique au lecteurs de ce journal. Et puis, pourquoi ne parle-t-il pas des hélicoptères de l’ONU qui ont servi à transporter des armes à Srebenica ? C’est cela la « neutralité » des casques bleus ?
    (3) M. Ancel reproche à la France de défendre ses intérêts. Quid de l’Allemagne, des USA ?
    Tout le monde sait que l’Allemagne a soutenu le séparatisme armé Croate dès le début (Et même avant.) et on peut donc dire que les Allemands ont une importante responsabilité dans le déclenchement du conflit en Croatie. Quand aux américains, on peut dire qu’ils ont aussi une importante responsabilité dans le déclenchement du conflit en Bosnie : Les 3 parties Bosniaques, serbes et croates avaient signé l’accord de paix Carrington–Cutileiro le 18 mars 1992. Mais le 28 mars 1992, après un meeting avec l’ambassadeur américain en Yougoslavie M.Warren Zimmermann, le président bosniaque retire sa signature, ce qui a débouché sur la guerre que tout le monde connait. La seule explication logique est que l’ambassadeur américain a incité M. Izetbegović à retirer sa signature.
    (4) M. Ancel accuse la France de crimes très graves à Srebenica. Mais bon sang, si c’est vrai, où sont les preuves (Il faut les citer dans l’article, c’est cela un vrai travail de journaliste.) et pourquoi ne pas avoir essayé d’attaquer l’état français en justice ? C’est facile d’attaquer sans présenter de preuves... De plus M. Ancel a proposé de bombarder les miliciens Serbes qui commettaient des massacres à Srebenica, mais il omet de préciser que ces frappes auraient tué plus de Musulmans bosniaques que de combattants serbes.
    (5) M. Ancel accuse la France au sujet du Rwanda, il a raison, mais il oublie de préciser que M. Kagamé, l’allié des USA à l’époque est allé déclencher ensuite une guerre civile au Zaire, soit-disant pour poursuivre les génocidaires, et cette guerre aurait fait dit-on 3 milllions de morts ! Pourquoi ne parle-t-il pas de la responsabilités des USA ???? C’est tellement facile de taper sur la France au Rwanda mais pas sur les USA au Zaire !

    Après bien sur, les milices serbes et la JNA ont commis des crimes graves et injustifiables pendant ce conflit, c’est une évidence. Je considère personnellement que les massacres de Foca, Prijedor, Visegrad, Zvornik et Srebenica sont des actes génocidaires. Mais, non je ne considère pas qu’il y a eu génocide en Bosnie car cela reviendrait à relativiser le vrai génocide des juifs par l’Allemagne, ce que je trouve inacceptable. Voilà, c’est tout ce que j’avais à dire.

    • Vous ne considérez pas le génocide, aucun problème. Les questions sémantiques sont là pour être posées. En revanche, vous qui êtes neutre et donc pas pro-serbe (je suis bien entendu ironique), vous serez d’accord pour dire qu’il n’y a pas eu non plus de génocide sur les Serbes durant la seconde guerre mondiale, vu que le nombre n’atteint pas le quota que vous estimez être le mètre-étalon en la matière, à savoir le nombre de Juifs massacrés ?

      Autre question, puisqu’on est dans la neutralité tout-à-fait objective et non pro-serbe de votre part, pouvez-vous me dire en quoi l’ingérance US au Zaïre est comparable à l’Ingérance française au Rwanda ?

      Parce que si vous me dites le nombre de morts, je me verrai obligé de rire un bon coup...

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  • Dobar dan.
    Sretna nova godina.
    S’il est vrai que Mitterrand était pro-serbe, il ne s’en cachait pas d’ailleurs, ainsi qu’une partie des politiques français ou du haut-état major, cela n’a pas empêché l’état français de vendre des armes aux Croates, entre autre par l’intermédiaire de Marin Tomulic grâce à la DST.
    Vanina Kanban a très bien expliqué cela dans ses vidéos !
    Loin de moi l’idée de disculper la partie serbe et l’ex-JNA dans leurs responsabilités d’agression sur la Croatie et la BiH, mais il faut comprendre que le vaste trafic d’armes mis à jour lors des guerres de Croatie et BiH a bien montré l’implication de très nombreux pays dans ce vaste trafic.
    Si la France en faisait bien entendu partie, elle était loin d’être le seul pays fournisseur d’armes aux « belligérants ».
    Hors tous ces pays, comme la France avaient voté, à l’ONU, en septembre 1991, l’embargo sur les armes à destination de l’ex-Yougoslavie.
    Le port de Koper en Slovénie étant entre autre la plaque tournante de se vaste trafic qui a impliqué des acteurs locaux comme le premier ministre Slovène et son ministre de l’intérieur de l’époque, la France est loin d’être le seul pays a avoir participé au business des armes...
    Je recommande, une fois de plus la lecture, du livre de Renéo Lukic : "L’Agonie Yougoslave, 1986/2003) publié en 2003 aux éditions : les presses de l’Université Laval.
    Il explique d’ailleurs le rôle joué par M.P.R.I (aujourd’hui Engility), une société militaire privé crée par des officiers US en retraite qui a joué pour les USA le rôle indirect de distribution d’armes au HVO et à l’Armija.
    Donc c’est bien de montrer les responsabilités françaises dans les guerres de l’ex-Yougoslavie, mais il ne faut pas se contenter de ne citer qu’un seul acteur.
    Ce militaire connait fort bien ce que fût la situation des casques bleus en BiH, mieux que moi, mais il connait aussi le comportement des autorités US, allemandes ou britanniques sur le terrain de 1991 à 1995.
    Quant aux responsabilités de Milosevic et celles de sa femme, Mirjana Markovic, malheureusement le TPIY n’a pas pu finir le job !
    D’ailleurs il sera important de voir la suite donnée au jugement des 2 compères : Jovica Stanisic et Frenki Simatovic.
    L’un de ces deux hommes ayant été approché par.... la CIA... dès le mois de mai 1992 lors de la guerre de BiH.
    Quant au rôle éminemment provocateur des autorités allemandes (Klaus Kinkel, Elmut Khol, Hans Dietrich Genscher...) qui poussaient à l’indépendance de la Slovénie et la Croatie en sachant les conséquences prévisibles pour l’éclatement du pays....
    L’Allemagne a joué le rôle de cheval de Troie pour l’Otan qui voulait maintenir son contrôle sur l’Europe de l’Ouest malgré l’effondrement du pacte de Varsovie en décembre 1991.
    Mais cela n’est pas la version officielle de l’explosion de la Yougoslavie... vous vous en doutez !
    Pour compléter toute cette information il faut mettre en // la lecture du livre de Daniele Ganser : « les armées secrètes de l’Otan » paru en français en 2007 aux éditions Demi-Lune collection résistances. C’est l’histoire des réseaux stay-behind, cela fait très froid dans le dos !
    L’explosion de la Yougoslavie a été, de fait, le dernier conflit de basse intensité en Europe de la guerre froide.
    Elle a permit à l’Otan de se maintenir malgré l’effondrement du pacte de Varsovie et bloqué l’accès indirect de la Russie à la méditerranée orientale à travers l’Adriatique.
    Le Montenégro, dernier pays incorporé à l’Otan, a interdit à la marine russe ses ports....!
    Dovidjenja.
    Ronan.

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  • dans les premiers années de la guerre, j’ai vu l’image du président Mitterand à l’époque dans une visite à sarayevo, il était bizarrement indifférent, froid comme la glace, il avait une culture tres inconvéniente envers la Bosnie, il a dit un jour que l’Europe a fait une faute en permettant la création de la république de la Bosnie herzegovine.

    • Il était obsédé par la réunification allemande et la renaissance hypothétique d’un Reich. Il était resté bloqué dans l’Europe d’après 1929. Pour lui, il vivait la même histoire que Daladier et Chamberlain en 1938. C’est aussi simple que ça. Alors pour « contrer » l’Allemagne, il décida de sacrifier la Bosnie.

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  • Les écuries d’Augias
    Certainement, il faut du courage pour témoigner et Guillaume Ancel avec son « Vent glacial sur Sarajevo » n’en manque pas. Mais il faut aller plus loin aujourd’hui.
    « ...les frappes ... ont détruit 90% des cibles serbes en seulement 48 heures... Forcément, on est en droit de se demander pourquoi, pourquoi il a fallu attendre quatre ans pour arrêter ce conflit qui a fait tant de victimes. » : en quelques jours, début septembre 1995, un millier d’obus fut tiré par l’OTAN et mis fin au siège (chiffre à rapprocher des milliers d’obus qui tombèrent tous les jours sur Sarajevo et ce, pendant quatre ans !).
    Ainsi donc, on sait maintenant que Mitterrand-Machiavel et un quarteron de généraux français dévoyés ont suffit à interdire l’action internationale qui aurait pu nous éviter ce cauchemar, et donc bloquer l’impunité de ces monstres serbes qui ont semé ensuite la désolation dans toute la Bosnie. Est-ce que le crime de non-assistance à personne en danger est prescriptible quand il est commis dans le cadre de crime contre l’humanité ou de génocide ?
    Loin de nous l’idée de poursuivre l’Armée Française ou meme l’état français, mais son jeune Président semble vouloir en finir avec ces actions politiques moyenâgeuses et avoir en main son état-major. Comme le dit souvent Mr Daoulas, pour préserver la construction de l’Histoire, il ne faut mettre en cause que les individus et les régimes. Pour se défendre, les militaires et hommes politiques français visés par nos poursuites ne manqueront pas d’impliquer le régime serbe de Milošević et le régime croate de Tuđman. Les uns et les autres mettront enfin sur la place publique les preuves de la préparation de leurs crimes. C’est ça écrire l’Histoire !
    Et voila pourquoi les écuries d’Augias ; ces vérités domestiques et irréfutables vont ainsi créer un véritable tsunami dans la tête de nos voisins serbes et croates et balayer toutes ces méchantes idées qui les encombrent : racisme, délire de persécution, haine des minorités, phobies des musulmans, ...tout ce capharnaüm épileptique du parfait schizophrène.
    Pourquoi pas ?

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  • J’étais jusqu’ici persuadé que c’était Chirac qui avait donné l’ordre de reprendre le pont, à Sarajevo. Et c’est ce que pensaient de nombreux Sarajeviens, dont un chauffeur de taxi qui, lors d’un séjour, , m’a dit : « Mitterrand, pas bon ; Chirac, bon ! »

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  • Je suis Français de père Bosniaque.et j ai honte en lisant le récit de Guillaume Ancel de lire que le gouvernement Français a laissé mourir des milliers de personnes..ils devrait être au tribunal pour ces crimes

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