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Tribune d’Alain Richard | Renforcer les liens économiques

samedi 18 avril 2015 par BH Info   Partagez sur FacebookTwittez cette information

Alain Richard, Représentant spécial de Laurent Fabius, ministre des Affaires étrangères et du développement international pour la diplomatie économique dans les Balkans, se rendra à Sarajevo le 20 avril 2015 pour s’entretenir avec les autorités de Bosnie-Herzégovine. A cette occasion, il publie une tribune dans Oslobođenje et Nezavisne novine.

J’ai effectué mon premier déplacement en Bosnie-Herzégovine en juillet 1997, en tant que ministre de la Défense. 3 300 soldats français y étaient alors déployés. Je constate, non sans satisfaction, que 18 ans après, il n’y en a plus aucun. Si l’opération Althea est encore active, jamais elle n’a eu à intervenir pour préserver l’environnement sécuritaire. Cela montre que la paix a fini par s’imposer sur le terrain, si ce n’est encore complètement dans les cœurs.

Aujourd’hui, c’est comme représentant spécial du Ministre des Affaires étrangères français pour la diplomatie économique dans les Balkans que je viens en Bosnie-Herzégovine. Ma venue poursuit un objectif simple mais ambitieux. Simple dans sa formulation : renforcer les liens économiques entre nos deux pays. Ambitieux dans sa portée : il s’agit non seulement d’accroître les échanges commerciaux et touristiques entre nos deux pays mais aussi de faire venir plus d’investisseurs français en Bosnie-Herzégovine, pour créer des emplois dans nos deux pays. C’est tout le sens de la diplomatie économique promue par Laurent Fabius depuis qu’il a pris ses fonctions à la tête de la diplomatie française.

Je suis convaincu que votre pays offre de nombreuses opportunités pour les compétences et le savoir-faire de nos entreprises : dans les domaines des infrastructures routières ; de la production d’électricité hydraulique, éolienne ou solaire ; du traitement des eaux usées et de la gestion des déchets ; du tourisme durable, particulièrement dans les magnifiques montagnes de Bosnie-Herzégovine, encore insuffisamment valorisées.
Mais mon approche est également réaliste. Les obstacles aux investissements sont encore nombreux. L’environnement des affaires n’offre pas les garanties propres à rassurer les entreprises. Les sollicitations de la part d’acteurs publics comme privés pour des actes de corruption sont incessantes. La pesanteur bureaucratique des différents niveaux d’administration constitue également une grande source d’incertitude. Ces éléments conjugués sont autant de freins aux investissements et à la création d’emplois.
Le Pacte pour la croissance et l’emploi porté par l’Union européenne vise, entre autres, à résorber ces obstacles. C’est pourquoi la France le soutient résolument. Je sais la difficulté qu’il y a à mener à bien des réformes. Leur mise en œuvre nécessite détermination et courage politique. Elles pourront heurter des avantages acquis et remettre en cause des pratiques établies. Mais pour douloureuses qu’elles soient, elles n’en restent pas moins indispensables. Elles sont les conditions nécessaires pour la création d’emplois mais aussi pour rapprocher la Bosnie-Herzégovine de l’Union européenne.

Ma conviction, et celle de la France portée par le Président de la République française, est que l’avenir de la Bosnie-Herzégovine se situe dans l’Union européenne, en raison de l’histoire, de l’économie, de la géographie, des enjeux sécuritaires. Il n’y a pas d’alternative raisonnable à cette intégration européenne. Mais c’est un chemin long et exigeant, tous les Etats membres l’ont parcouru. La prochaine entrée en vigueur de l’Accord de stabilisation et d’association constitue une étape importante de ce cheminement. De nombreux relais devront encore être franchis avant que la Bosnie-Herzégovine soit candidate puis membre de l’Union européenne.

Enfin, je veux saisir cette occasion pour attirer l’attention de tous, citoyens et politiques, sur un événement majeur qui se tiendra à la fin de l’année, à Paris. La France va en effet accueillir la 21e conférence des Etats-parties à la Convention des Nations Unies contre le changement climatique. C’est un enjeu planétaire. Si aucune décision courageuse n’est prise pour limiter nos émissions de gaz à effet de serre et contenir l’augmentation moyenne des températures d’ici la fin du siècle en-deçà de 2 degrés, les bouleversements climatiques qui s’ensuivraient auraient des effets dramatiques, partout dans le monde : multiplication des inondations, des incendies, des tempêtes ; désertification des océans ; destruction des écosystèmes ; rupture des chaînes alimentaires ; etc. C’est ni plus ni moins de la survie de l’espèce humaine dont il s’agit. Chaque pays en porte la responsabilité, aucun développement économique ne peut ignorer cette question. Des solutions existent, des recherches technologiques restent à inventer. C’est tout un pan de développement qui ouvre des perspectives d’innovation. Les entreprises françaises ont une expertise qu’elles peuvent partager ici. C’est aussi cela que je viens porter.

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