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Višegrad, une ville sur la Drina

par BH Info   Partagez sur FacebookTwittez cette information

Visegrad, à l'est de la Bosnie-Herzégovine, est une petite bourgade rendue mondialement célèbre grâce au roman « Un pont sur la Drina » d’Ivo Andric, prix Nobel de la Littérature. Ce pont mythique est désormais inscrit sur la liste du Patrimoine mondial de l'UNESCO.

La ville la plus orientale de la Bosnie-Herzégovine, Visegrad est mentionnée pour la première fois en 1433. Elle fait alors partie du royaume de Bosnie. Peu après, la ville est conquise par les Ottomans et devient objet d’une attention particulière à cause de sa position géostratégique. Tous les caravanes reliant Istanbul et les Balkans et la Méditerranée passent par Visegrad, un haut lieu des échanges culturels entre l’Orient et l’Occident, Belgrade et Sarajevo, la chrétienté et l’islam. C’est également ici, dans le village orthodoxe de Sokolovići, que l’un des plus grands vizirs de l’Empire ottoman est né : Mehmed pacha Sokolović. Issu d’une famille chrétienne, il fut envoyé à Istanbul enfant et fut à l’origine de la construction du pont en 1571, inscrit sur la liste du patrimoine de l’Humanité de l’Unesco le 28 juin 2007. Durant le période austro-hongrois, la ville sera reliée avec Sarajevo par un chemin de fer mais Visegrad malgré cela restera très rural.

A visiter

Pont Mehmed Pacha Sokolović Construit à la fin du XVIe siècle sur la rivière Drina, le pont est construit par Mimar Koca Sinan, le grand architecte ottoman qui avait déjà réalisé plusieurs oeuvres architecturales civiles et religieuses majeures : des mosquées, des ponts, des constructions civiles, à Istanbul et dans plusieurs régions de l’empire. Le maître d’ouvrage du pont de Visegrad fut le grand vizir Mehmed Pacha Sokolovic (1505-1579), qui exerça pendant longtemps le pouvoir au sommet de l’Empire ottoman, durant le règne de trois sultans. La commande du pont constituait en premier lieu un hommage à sa région natale. De tels chantiers, au caractère à la fois pieux et social, faisaient partie des traditions du pouvoir, s’exprimant par de grandes créations architecturales qui renforçaient ainsi son caractère symbolique et son image de puissance civile et religieuse.

Le pont de Visegrad fut une oeuvre majeure d’aménagement du territoire et de contrôle de l’intérieur des Balkans par l’Empire ottoman, depuis Istanbul. Il forme alors un point remarquable de la route qui relie les plaines du Danube à Sarajevo et à la côte Adriatique, notamment au port libre de Raguse (Dubrovnik). L’époque de sa construction correspond à l’apogée de l’Empire ottoman, à la suite du règne de Soliman le Magnifique (1520-1566). C’est une longue période de paix et de prospérité pour la région. Caractéristique de l’apogée de l’architecture monumentale et du génie civil ottoman, le pont possède 11 arches maçonnées dont les ouvertures sont comprises entre 11 et 15m, ainsi qu’une rampe d’accès à l’orthogonale de quatre arches sur la rive gauche de la rivière. L’élégance de ses proportions et la noblesse monumentale uniques témoignent de la grandeur de ce style d’architecture.

Andric, le plus grand romancier né en Bosnie-Herzégovine consacre son oeuvre le plus célèbre au pont de Visegrad. « Un Pont sur la Drina » est un véritable chef d’oeuvre de la littérature, une chronique de quatre siècles d’histoire de Bosnie où tout se concentre autour et sur le pont de Visegrad. En 1961, cet écrivain reçoit le Prix Nobel de Littérature, il est alors félicité par le comité Nobel pour « la force épique avec laquelle il a su retracer les thèmes de l’histoire de son pays », décrivant tout à la fois les haines entre confessions et nationalités rivales et la complexité des rapports humains. Un roman mystérieusement prémonitoire et prophétique.

« Les bases du monde et les fondements de l’existence, de même que les rapports entre les hommes qui la traversent, sont établis pour les siècles. Cela ne veut pas dire qu’ils ne changent pas, mais mesurés à l’aune d’une vie humaine, ils paraissent éternels. Le rapport entre leur durée et la longueur de la vie d’un homme est le même que le rapport entre la surface agitée, mouvante et rapide de la rivière et son fond, permanent et stable, dont les modifications sont lentes et imperceptibles ».

La tour du prince Marko A 300 mètres du pont, la tour connue sous le nom de Kula Kraljevica Marka est l’unique vestige de la forteresse médievale de la puissante famille orthodoxe Pavlović, qui en 1433 règne sur Dobrun et Visegrad, autrefois appelé Pavlovina.

Termes de Visegrad A 5 km de la ville, dans un danse forêt de pin, les sources termales à 34°C sont parmi les plus réputées de la région, fondées par les Ottomans.

Dans les environs

Dobrun Situé à 9 km de Visegrad, l’endroit est magnifique. On peut visiter notamment une ancienne forteresse détruite par les Ottomans en 1463 et le petit monastère de Dobrun, construit en 1343, l’un des plus anciens du pays. Il abrite les fresques du 14e siècle représentant le roi Dusan, la reine Jelena et le prince Uros. Depuis 1906, Dobrun est doté d’un ancien chemin de fer emprunté tous les jours par le célèbre train Ciro qui reliait Visegrad et Mokra Gora en Serbie, puis Sarajevo et Belgrade. Le train traversait notamment des paysages sauvages de la vallée de la rivière Rzava et de la montagne Šargan. Ciro était en usage jusqu’en 1978 mais dans les années 2000, en raison de son potentiel touristique, on a restauré une partie de ce chemin de fer. Depuis 2008, on peut ainsi prendre ce vieux train à Dobrun et aller jusqu’à Mokra Gora, un village où le réalisateur Emir Kusturica a, pour les besoins d’un tournage, créé Drvengrad, un ethno-village en Serbie. Le chemin de fer devrait bientôt desservir la gare de Visegrad.

Rudo - Vodeni Ciro La locomotive sur l’eau, une imitation d’un bateau à vapeur de 15 mètres avec restaurant propose une balade de 3 heures dans les magnifiques gorges de la rivière Lim, un affluent de la Drina. Le départ du bateau est organisé dans le village de Setihovo, entre Visegrad et Gorazde, à 11 km de Rudo. Voir aussi : Drina, au coeur d’une nature intacte

Les chevaux arabes de Borike On suppose que l’élevage des chevaux arabes en Bosnie date depuis l’époque du roi Tvrtko I Kotromanić. A l’époque ottomane, cette pratique a été très répandue. Toutefois, depuis 1895, l’élevage se fait de façon professionnel, avec une sélection rigoureuse des critères. Borike, près de Rogatica, est traditionnellement le lieu d’élevage des chevaux arabes depuis 1900 mais aussi de la race de chevaux de montagne de Bosnie.

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