Bosnie Herzegovine

Toute l'actualité sur la Bosnie-Herzégovine

BH/REGION

SANU 2 - Naissance d’une nouvelle plate-forme du nationalisme serbe

mercredi 30 mars 2011 par BH Info - 2

Vingt-cinq ans après la parution du Mémorandum de l’Académie des sciences et des arts de Serbie qui a réveillé le nationalisme serbe et provoqué les guerres en ex-Yougoslavie, l’élite serbe rassemblée autour de Dobrica Cosic propose un nouveau document au pouvoir en place : le Mémorandum SANU. L’un des premiers objectifs : la sécession de la Republika Srpska et la destruction de l’Etat de Bosnie-Herzégovine.

Comme dans le premier mémorandum de la tristement célèbre académie présidée par Dobrica Cosic, le père idéologique du nationalisme serbe contemporain, des propositions pour l’avenir de la Serbie ne semblent pas avoir radicalement changé de cap. La Serbie doit rester Grande et les moyens pour y arriver restent son expansion vers la Bosnie-Herzégovine, la propagande et le mensonge.

Selon les révélations du journal bosnien Slobodna Bosna, le document de l’Académie serbe est disponible uniquement à un cercle restreint des personnalités politiques serbes, chargée de mettre en pratique la nouvelle doctrine géopolitique et nationale serbe.

Pour arriver à ses objectifs quelque peu réadaptés à la situation actuelle, l’académie conseille ainsi de monter des faux procès contre les citoyens de Bosnie-Herzégovine, de Croatie et du Kosovo afin de relativiser voire diminuer la responsabilité de la Serbie pour les crimes commis et la destruction.

L’attention des médias régionaux et internationaux, selon le document, doit être détournée des procès aux anciens dirigeants politiques et militaires serbes devant le TPIY à la Haye et les Etats du voisinage - la BH, la Croatie et le Kosovo - doivent être amenés à renoncer aux plaintes auprès des tribunaux internationaux. Par ailleurs, le Mémorandum II précise qu’il faut insister sur la fermeture du tribunal de la Haye et que le procès du général Ratko Mladic ait lieu devant les tribunaux serbes.

La Serbie n’a pas encore renoncé à détruire la Bosnie-Herzégovine

Les regrets de la Serbie pour les guerres qu’elle a provoquées dans les années 90 ont, eux aussi, un intérêt stratégique. Leur but premier, explique-t-on, est de mettre la Serbie dans la même position de pays meurtri que ses voisins, victimes de son agression.

Plusieurs gestes politiques de la part de la Serbie ont laissé perplexes ces derniers mois l’opinion publique bosnienne, en particulier les arrestations de Jovan Divjak et Ejup Ganic. A la lumière du nouveau mémorandum, on comprend mieux certaines choses. Le Mémorandum insiste par exemple sur le principe "pouvoir faible, Etat faible". C’est pourquoi, selon le document, il faut œuvrer à déstabiliser les gouvernements des pays du voisinage et provoquer le mécontentement et les troubles. Ceci diminuera l’efficacité des inculpations et des plaintes contre la Serbie.

Le Mémorandum pense que la Serbie soit rester préoccupée par la situation des Serbes vivant hors la Serbie : en Republika Srpska (BH), à Vukovar et en Slavonie (Croatie) et au Kosovo. Si la Republika Srpska doit ainsi être carrément aidée à faire la sécession par la Serbie, les Serbes de Croatie, de Monténégro et du Kosovo doivent être soutenus pour devenir un peuple constituant dans ces pays là. Quant à la Voïvodine, l’académie estime qu’il faut empêcher son séparatisme et quant au Sandzak, sa communauté islamique est à affaiblir.

Une transition doit, dit-on, amener les différentes communautés serbes des pays de la région vers leur unification en une seule et unique communauté serbe. Ceci explique peut-être la récente déclaration de l’actuel président serbe Boris Tadic que les Serbes hors la Serbie ne peuvent pas être considérés comme la diaspora.

Répondre à cet article

modération à priori

Ce forum est modéré à priori : votre contribution n'apparaîtra qu'après avoir été validée par un administrateur du site.

Un message, un commentaire ?
  • (Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.)

Lien hypertexte (optionnel)

(Si votre message se réfère à un article publié sur le Web, ou à une page fournissant plus d'informations, vous pouvez indiquer ci-après le titre de la page et son adresse.)

Qui êtes-vous ? (optionnel)

2 messages

  • Je n’ai pas lu le Mémorandum SANU et ne puis donc infirmer vos dires. Admettons donc que vous disiez vrai.

    N’est pas là une bonne illustration de la spirale de la violence ? La BiH veut détruire la l’entité serbe de Bosnie. A force d’acharnement elle récolte le Mémorandum SANU. N’a-t-on rien appris de la guerre civile 92-95 en Bosnie ?

    Répondre à ce message

  • Evidement…le Bosniaques devrait fermer leur bouche. Faire comme si rien n’était. Car, en regardant vos différentes interventions, on constates dés que l’on dénonce Dayton, la RS qui est une entité génocidaire, les criminels qui courent toujours, la politique discriminatoire des serbes de Bosnie, l’agression de la Bosnie par la Serbie, les milliers de morts, les camps de la mort, les viols, la politique expansionniste Serbe, l’église orthodoxe Serbe et son rôle lors de la guerre, les volontaires Grecs, Russes et Roumains et bien qui pointe son nez ?!!!!! VOUS ! Vous nous faites la morale (MDR). Au nom d’une soit disant paix. Réconciliation.

    Mais comprenez bien, que paix et réconciliation, il n’y aura pas temps que les responsabilités Serbes ne seront pas assumées. Dayton, à figé la situation. Il n’y à ni responsables ni victimes. On (les Serbes) commémore le 9 janvier comme la date de la création de la RS. Cette date, c’est le début du malheur de la Bosnie. Avent même qu’elle ne décide (Ses peuples), par les urnes, les Serbes de Bosnie ont décidés seuls que ce qu’ils ne veulent pas vivre avec les autres (Croates et Bosniaques). Pour cela, ils les ont chasés et massacrés.

    Tout cela vous le savez.

    La seule solution, c’est la dissolution des deux entités.

    Répondre à ce message

Dernière mise à jour :
4 juin 2012

AGENDA

Invest in Bosnia
Inscrivez-vous

POINT DE VUE

On a aussi voté en Serbie

Il y a aussi eu, le 6 mai, des élections en Serbie, regroupant le même jour celles concernant le Président de la République, l’Assemblée nationale et les municipalités. Boris Tadic, Président sortant (...)