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Radoncic dénonce une politique catastrophique des leaders bosniaques

mardi 31 janvier 2012 par BH Info - 0

Le fondateur controversé du groupe de presse Avaz, le richissime magnat Fahrudin Radoncic s’est lancé en 2010 dans la politique en fondant le partie SBB (Savez za Bolju Buducnost). Après avoir perdu les élections en octobre 2010, celui qui aimait se comparer à Silvio Berlusconi avant sa chute assume aujourd’hui son rôle d’opposition. Ses critiques de la société bosnienne sont multiples mais les plus virulentes sont destinés aux leaders bosniaques qu’ils accusent d’être "mafieux" et "corrompus" sur le plan économique, "incapables", "hypocrites" et mauvais stratèges sur le plan politique et "assisté" sur le plan international.

Dans une interview accordée au journal Vecernji, Radoncic s’est vivement attaqué à la coalition des partis au pouvoir dans la Fédération, en particulier à l’attitude des leaders bosniaques à qui il reproche le "non-respect de la volonté électorale du peuple croate". "Le SBB et moi étions l’un des rares partis politiques bosniaques qui étaient contre la décision de donner aux Bosniaques la possibilité d’élire le membre croate de la Présidence bosnienne. Nous considérons qu’il doit être choisi par le peuple croate", a-t-il expliqué en ajoutant que la question croate a notamment permis au gouvernement de détourner l’attention de la population des problèmes économiques du pays, l’un des plus touchés par le chômage avec un taux dépassant officiellement les 50%.

La politique par l’économie, c’est clairement la devise de Fahrudin Radoncic qui estime que tous les débats sur les changements constitutionnels et politiques sont utilisés "par les oligarchies nationales pour faire oublier au peuple leur extrême pauvreté". "Ce pays a besoin d’une sorte de paix politique pour les 3 prochaines années afin de s’affronter au chaos économique qui règne à l’intérieur de la Bosnie-Herzégovine... Toutes les réformes devraient avant tout répondre aux normes européennes et avoir pour but final l’adhésion à l’Union Européenne. C’est un processus à long terme".

Très hostile envers le parti SDA et son leader Bakir Izetbegovic, "un parti de mafieux" et archaïque qui prône un système "féodal" basé sur l’hyper puissance des familles, Fahrudin Radoncic ne cache pas sa bienveillance envers le parti social-démocrate, "un parti moderne, pro-occidental, européen".

Le SNSD de Milorad Dodik, quant à lui, prône selon Radoncic une politique dangereuse. "Son language est un poison. Dodik nie le génocide de Srebrenica, multiplie des provocations vis à vis des Bosniaques qui sont les plus grandes victimes de la guerre 1992-95 mais malgré cela, c’est avec ce même Dodik que nous devons construire la Bosnie-Herzégovine car il est représentant légal du peuple serbe". Mener une guerre populiste avec Dodik ne fait qu’empirer la situation, souligne Radoncic. "La querre que Dodik mène avec Sarajevo lui convient parfaitement lui permettant de renforcer la Republika Srpska tout en détournant l’attention des Serbes des difficultés économiques de cet entité. Cette guerre, qui convient également aux hypocrites leaders bosniaques actuels, finira toutefois par se terminer au détriment des Bosniaques car plus il y a de désaccords entre Sarajevo et Banja Luka, plus il y a d’arguments que la Bosnie-Herzégovine est un Etat impossible. Haris Silajdzic jetait des pierres sur Banja Luka durant 4 ans sans jamais avoir eu le courage d’y aller...".

Une politique bosniaque désastreuse est également dénoncée en matière des relations avec l’Union Européenne et l’Etats-Unis. "Ils ont donné d’importants moyens financiers et envoyé leurs meilleurs cadres pour aider la stabilisation de la Bosnie-Herzégovine. Mais la politique bosniaque consiste à attendre de la communauté internationale de résoudre nos désaccords internes et nos problèmes d’une manière qui convient à une seule partie. Or la clé de la stabilité de la Bosnie-Herzégovine est l’accord des trois peuples où les étrangers ne seraient que des initiateurs des processus ou des observateurs et non pas des arbitres. Le temps des ordres spectaculaires donnés par l’OHR, le temps des sanctions et des suspensions est révolu", conclut-il.

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