mardi 8 novembre 2011 par BH Info - 0
En visite en Bosnie-Herzégovine du 25 au 27 octobre derniers, les parlementaires de l’OTAN ont exhorté les personnalités politiques du pays à trouver un compromis, un an après les élections législatives.
Un climat politique fortement polarisé en Bosnie-Herzégovine soulève de graves inquiétudes quant à la capacité du pays à créer des institutions publiques capables de fonctionner et à s’engager sur la voie de l’intégration euro-atlantique, estime-t-on.
L’impossibilité de former un gouvernement central un an après les élections législatives, l’expression de divergences profondes quant aux dispositions constitutionnelles, les retards pris dans la mise en œuvre de réformes fondamentales, la corruption et la criminalité endémiques, ainsi que la question, toujours en suspens, de l’enregistrement des biens militaires constituent les manifestations les plus claires de la paralysie politique qui prévaut dans le pays. Il reste que les principaux acteurs de la vie politique en Bosnie continuent de s’accrocher à des prises de position figées, qui compromettent très largement l’édification d’un Etat capable de fonctionner ; la population de ce pays aux abois paie très cher cet échec.
« Si les hommes politiques en Bosnie-Herzégovine entendent réaliser leur objectif déclaré de rejoindre la communauté euro-atlantique, ils doivent être prêts à reconsidérer les positions sur lesquelles ils campent », a indiqué Lord Jopling (Royaume-Uni), président de la Commission sur la dimension civile de la sécurité (CDS) de l’Assemblée parlementaire de l’OTAN. Lord Jopling a évoqué la façon dont les dirigeants politiques en Irlande du Nord ont su abandonner leurs politiques les plus extrêmes, pour montrer qu’il est possible d’instaurer la paix dans des régions instables et profondément troublées d’Europe.
Quinze parlementaires issus de six pays membres de l’OTAN, représentant la CDS et la Sous-commission sur la coopération et la convergence économiques Est-Ouest, se sont rendus à Sarajevo et à Banja Luka pour rencontrer des dirigeants politiques et des responsables gouvernementaux, tels Bakir Izetbegović, le représentant de la communauté bosniaque au sein de la présidence collégiale de Bosnie-Herzégovine, les présidents de l’Assemblée nationale et du gouvernement de la Republika Srpska, les responsables de plusieurs organisations internationales de premier plan, ainsi que des experts politiques et des représentants d’ONG.
Les membres de la délégation de l’AP-OTAN ont indiqué à maintes reprises à leurs interlocuteurs de Bosnie que les structures institutionnelles créées par les accords de Dayton ne pouvaient être reconsidérées que dans le cadre d’un dialogue véritable faisant participer activement les dirigeants politiques et les représentants de la société civile. Un échec sur ce point ne fera que provoquer une crise politique et économique prolongée, laquelle, par ricochet, pourrait très probablement conduire à une dégradation de la situation en matière de sécurité. La réforme du secteur de la défense, l’un des rares exemples de réussite que compte la mise sur pied d’institutions publiques en état de fonctionner, fournit un modèle potentiel à cet égard.
Les membres de la délégation ont appris qu’il n’existait pas de consensus net et précis sur le rôle exact que la communauté internationale devrait jouer dans la promotion de la réconciliation et des réformes. Le rôle particulier joué par le bureau du Haut représentant des Nations unies, par exemple, n’est pas pleinement accepté par tous. Certains le considèrent comme un élément essentiel dans un système où le compromis reste aléatoire, tandis que d’autres le perçoivent comme servant de prétexte aux membres de la classe politique pour se soustraire aux responsabilités qui sont les leurs.
La mission de l’UE en Bosnie-Herzégovine a récemment été renforcée, afin de fournir davantage d’incitations positives pour construire une démocratie véritable ; mais même cela ne peut se substituer au rôle que les dirigeants et les représentants de la société civile doivent jouer pour que des changements positifs soient opérés.
Enfin, les membres de la délégation de l’AP-OTAN ont estimé que la communauté internationale devait rester engagée en Bosnie-Herzégovine, d’autant que les tensions politiques, économiques et sociales croissantes pourraient avoir des conséquences affligeantes, sur le double plan humanitaire et de la sécurité, pour le pays et pour la région dans son ensemble.
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