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Next Stop Sarajevo

vendredi 10 février 2012 par BH Info - 5

Nest-Stop-Sarajevo c’est le nom d’un nouveau blog sur la Bosnie-Herzégovine lancé par notre collaborateur, le journaliste parisien Guillaume Tesson. Sur un ton personnel, cet ancien militaire qui, dans le cadre d’une mission de la SFOR a passé 4 mois à la caserne de Rajlovac à Sarajevo en 1997, revient sur cette expérience et renoue avec le pays lors d’un premier retour 14 ans après.

« En 1997, je suis passé « à côté » de Sarajevo et je ne m’en suis jamais vraiment remis. J’avais 22 ans. Dans le cadre d’une mission pour la Stabilization Force (SFOR), j’ai séjourné quatre mois à deux pas de la capitale bosniaque, à Rajlovac, au sein d’Azur FM Sarajevo, la radio des forces françaises en ex-Yougoslavie.

Difficile d’approcher de plus près une ville assiégée qui se remet peu à peu debout.

Pourtant… Je suis reparti de Sarajevo comme j’étais arrivé : en ayant si peu essayé de comprendre les causes de la dislocation de l’ex-Yougoslavie. Et, contexte militaire oblige, sans avoir pu échanger avec les habitants de cette région sur ce qu’ils avaient vécu, sur leur quotidien depuis la fin des combats. Mais après tout, je n’étais pas le seul soldat français dans ce cas…

Les questions sont remontées à la surface une dizaine d’années plus tard, se faisant de plus en plus pressantes.

Pourquoi suis-je allé là-bas ? Ai-je même compris ce qui s’y était passé ? A quoi a réellement servi la présence militaire multinationale chargée de faire respecter les accords de Dayton signés fin 1995 ? Suis-je passé à côté de quelque chose ? Puisque je semble plus sensible à cette région et cette période aujourd’hui, cela signifie-t-il que je suis étranger au jeune homme que j’étais en 1997 ? Qu’avons-nous à nous dire, lui et moi ?

En août 2011, j’ai cédé à l’appel intérieur. Je suis retourné pour la première fois en Bosnie-Herzégovine. Quatorze ans après mon premier séjour. Je pensais ainsi “boucler la boucle”, régler un compte avec le passé puis reprendre le cours de ma vie. C’était sans compter sur plusieurs rencontres décisives (ce blog va me donner l’occasion d’y revenir). Elles ont donné un nouveau souffle à cette “quête” où se mêle l’Histoire et le parcours intime d’un journaliste curieux de comprendre (même si c’est avec un sacré train de retard).

Retourner à Sarajevo, donc. A la fois retrouver la ville « physique » et établir les plans d’une géographie personnelle à travers elle.

Ce blog sera un carnet de notes, un journal. Ses colonnes mêleront actualités, documentation, témoignages, photographies, trouvailles, réflexions, etc… Vos remarques, opinions et critiques sont les bienvenues ! »

Next Stop Sarajevo

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5 messages

  • Next Stop Sarajevo 4 février 14:29

    Bonjour, Je vous comprends aisément. Je suis moi même retourné à Sarajevo également en août 2011 pour la première fois depuis 1983. Vers la vingtaine, je m’étais rendu à 2 reprises en Yougoslavie et c’était le pays européen que je préférais par sa diversité culturelle et aussi géographique. J’ai vécu à distance le démembrement du pays et je n’avais jamais voulu y retourner et plus particulièrement en Bosnie, tellement j’éprouvais un sentiment collectif de honte, que,nous autres les Européens,ayons laissé faire "à la maison" ce qui s’est passé. Soudain au printemps 2011 j’ai eu une envie irrestible de retourner à Sarajevo, j’y ai entrainé ma femme et mes 2 filles (10 et 6 ans). Ma femme a découvert à cette occasion mon attachement pour la Bosnie Herzégovine, qu’elle ignorait totalement. La ville a beaucoup changé, elle semble très paisible. Nous y étions au moment du Ramadan, les gens sont toujours aussi chaleureux. Par contre, il n y a plus les touristes du passé, le nom même de Sarajevo fait encore peur. Les collègues de ma femme lui ont dit "Sarajevo, mais quelle drôle d’idéee !"

    Jean Paris

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  • Next Stop Sarajevo 5 février 11:21, par Ronan

    From Ronan :

    Nous sommes plusieurs dans ce cas car la première fois que je me suis rendu en BiH c’était à l’été 2009 avec mon fiston qui avait 14 ans. Je n’y étais jamais allé avant mais j’avais suivi de près l’éclatement de la Yougoslavie. Ceci à travers ma participation active dans les comités pour la défense d’une BiH multi-ethnique qui fleurissaient un peu partout en Europe mais qui ont été totalement occultés des médias sauf un excellent article de Ouest-France quand nous nous étions rendus à Caen pour une manifestation en 1994 lors du 50 è anniversaire de l’opération Overlord. Il fallait rappeler à nos élites que l’Europe n’étais pas en paix depuis 1945 car la Yougaslavie à feu et à sang nous démontrait toujours le contraire. Après avoir travaillé longtemps sur les raisons internes de l’éclatement de la fédération je me suis penché sur les raisons externes. La lecture du livre de Daniele Ganser : "Les armées secrètes de l’OTAN" et la recherche de documents d’archives déclassifiés sur son site officiel (le DC 13 entre autre), ainsi que d’autres documents du net me permettent de voir l’interaction de l’Otan et de la CIA (rôle joué par Jovica Stanisic) et des services secrets européens dans l’explosion de la RSFY. Le trafic d’armes révélé par deux journalistes slovènes et organisé par les pays qui avaient voté son embargo en septembre 1991, montre bien que les thèses retenues officiellement dans nos médias à savoir : guerres de religions, guerres inter-ethniques..., n’étaient là que pour masquer les vrais raisons de l’explosion. Les partis d’extrêmes droites et les paramilitaires serbes pilotés sous les ordres de Milosevic et surtout de Jovica Stanisic (l’homme de la CIA) étaient là pour faire exploser le pays( ils ne sont pas les seuls loin de là). La RSFY ne serait jamais rentrée dans l’OTAN en tant que Yougoslavie et il fallait la faire exploser d’abord. Elle était le maillon qui manquait à l’OTAN pour protéger l’Italie qui reste un pays clef pour la défense de l’Europe de l’Ouest (région EMMO). La mort de Tito en 1980, la remontée des nationalismes serbes et croates,la chute du bloc soviétique, étaient les éléments très favorables pour l’action de l’OTAN en RSFY. La volonté de la Russie de reprendre le plus rapidement possible la place de l’URSS sur la scène internationale, laissait peu de temps à l’OTAN pour faire basculer la RSFY sous son influence complète à travers son explosion. Il faut lire à ce sujet le document DC 13 sur le site de l’OTAN. En août 2000, Poutine montrait au reste du monde que l’ère Eltsine était finit et que les grandes manoeuvres de la mer de Barentz montraient le retour de son pays sur la scène internationale. Dix ans de répit qui permirent à l’OTAN de prendre le contrôle de la zone et ainsi justifier son maintien malgré la fin du pacte de Varsovie ! L’OTAN aurait dû être dissout normalement. Mais c’est la seule vrai institution européenne qui se comporte comme un gouvernement Européen fédéral qui met tous les pays "Stay-Behind" en coupe réglé ! "Control and protect" comme dit si bien Daniele Ganser dans son livre. Vidimo se !

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  • Next Stop Sarajevo 5 février 13:37, par OvoIonO

    Bonjour Guillaume,

    Nous comprenons très bien votre réflexion, votre attachement et vous remercions d’avance de tout coeur pour votre blog que nous découvrons avec plaisir, hvala vam !

    Des diasporiens de Sarajevo

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  • Next Stop Sarajevo 6 février 14:28, par AURIOL Pierre

    Bonjour, Je viens de lire votre blog et vos réflexions sur BiH. Continuez le meilleur est à venir.

    J’ai rencontré la Bosnie en 2002. J’avais suivi l’éclatement de la Yougoslavie comme tout le monde. Je n’y étais pas indifférent, loin de là. Des amis, des relations se sont beaucoup impliqués dans l’aide. Pour ma part j’ai été pris à cette époque par des turbulences personnelles qui ont mis au second plan ces tragédies. Le seul impact "direct" qui m’ait touché a été qu’il n’était plus possible de passer par la Yougoslavie en 94 pour aller à Braïla en Roumanie, lors d’un transport (humanitaire ?).

    Lors de ce premier voyage, en voiture, suivi par une dizaine d’autres depuis, 2, 3 jours après notre entrée par Slavonci Brod, malgré les cicatrices prégnantes des guerres, arrivés à Sarajevo s’est imposé ce sentiment : "je suis chez moi !".

    Une rencontre lors de ce premier voyage m’a beaucoup marqué. Une dame, parlant très bien Français, à la sortie d’un ministère (que j’avais pris pour un musée !!!) nous avait accompagné un bout de chemin. Elle était bienvenue car nous ne parlions pas le Serbo-Croate, et moi difficilement l’Anglais. Elle était très pressée. Dans la conversation elle nous a demandé pour quelle association (sous entendue humanitaire) nous travaillions. Qu’est-ce que nous venions faire en Bosnie ?

    Je fus très gêné pour lui répondre. Dans l’embarras je lui ai répondu : " nous visitons,nous faisons du tourisme !" (Le tourisme au sens banal du terme est quelque chose que je n’aime pas).

    Son visage, un peu austère, un peu triste fut alors parcouru d’un grand sourire. Elle me répondit (de mémoire) : "Enfin nous sommes en train de devenir un pays comme les autres. Des touristes viennent !"

    Nous nous sommes quittés peu après.

    Lors des voyages suivants j’ai parcouru des milliers de kilomètres de pistes à travers les montagnes de Bosnie, comme d’Herzégovine. Au Monténégro, en Serbie et Croatie un peu aussi. J’y recherche, en plus du plaisir de voyager dans ces contrées, des stecci (stèles du Moyen-âge)et je photographie ces nécropoles. J’en ai fait 2 sites (en plus de celui référencé), et qui n’est pas à jour depuis mi-2010 - http://stecci.org ou http://www.stecci.com. Si vous ne savez ce que c’est cela pourra vous éclairer quelque peu.

    Pour moi BiH ne se résume pas à Sarajevo et aux séquelles des guerres qui s’y sont déroulées. C’est une mosaïque beaucoup plus complexe et bien plus riche.

    Peut-être aurons-nous l’occasion de nous croiser là-bas. J’y retourne en mai-juin avec mon vieux Mercedes 308D.

    Cordialement.

    Voir en ligne : Voyages en Bosnie

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  • Next Stop Sarajevo 27 février 15:24, par Francoisonet

    Bonjour, j’étais à Sarajevo durant le conflit en tant qu’interprète militaire, 10 mois sur place pour comprendre, sortira bientôt "SOLDATS CIBLES" un livre concernant une expérience humaine et une réalité vécue au coeur d’un conflit et une paix sur le papier

    Voir en ligne : Page de souvenirs d’un interprète à Sarajevo

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Dernière mise à jour :
2 juin 2012

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