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FRANCOPHONIE/LUXEMBOURG

Le premier consul est une femme

samedi 4 septembre 2010 par BH Info - 0

Le Quotidien (Luxembourg)

Mubina van Veen-Isovic, consul honoraire de Bosnie-Herzégovine, est un petit bout de femme énergique qui a beaucoup œuvré pour les siens quand ils se sont retrouvés dans le besoin.

Mubina van Veen-Isovic est le premier consul honoraire de la jeune Bosnie-Herzégovine au Grand-Duché. Installée au Luxembourg depuis 1987, elle est devenue consul honoraire en 1996.

Le consul honoraire de Bosnie-Herzégovine a surtout assumé pleinement son rôle pour venir en aide aux réfugiés dans les années de guerre et celles qui ont directement suivi. Une aide qu’elle a spontanément apportée et aujourd’hui encore, elle soutient ceux qui la sollicitent. Le consul est un sacré bout de femme.

Elle nous accueille sur le pas de la porte, chez elle à Tuntange, avec un grand sourire qui illumine son visage bronzé. Elle est originaire du sud de la Bosnie-Herzégovine mais native de Dubrovnik, à l’époque où on ne parlait encore que de la Yougoslavie. Madame le consul honoraire est la première à occuper ce poste au Luxembourg depuis l’indépendance de la Bosnie-Herzégovine, reconnue en avril 1992.

Mubina van Veen-Isovic a pris ses fonctions de consul honoraire en 1996. Mais cela faisait plusieurs années qu’elle avait prêté main-forte aux organismes en charge d’aider les réfugiés bosniaques pendant la guerre qui a ravagé les Balkans. « Les temps étaient durs », se souvient-elle, le regard soudainement perdu dans le vide.

De nature plutôt joviale, elle ne peut s’empêcher de prendre un ton grave quand elle évoque les évènements dramatiques qui ont secoué son pays. Elle ne les a pas vécus de près, elle s’est installée en 1987 au Grand-Duché avec son mari.

Mubina Isovic aurait pu devenir diplomate, elle avait déjà un pied au ministère des Affaires étrangères à Sarajevo au début des années 1980, occupée au service du protocole pendant quatre ans. Mais elle a connu un jeune étudiant hollandais, Monsieur van Veen, qu’elle a suivi aux Pays-Bas où elle a également étudié.

« J’aide comme je peux »

Le jeune étudiant est devenu son mari et ils arrivent ensemble au Luxembourg en 1987. « Mon mari travaillait pour une banque aux Pays-Bas et il a été envoyé au Grand-Duché et voilà 23 ans que nous sommes installés dans le pays. Deux de mes enfants sont nés ici, le troisième et benjamin de la famille est un enfant adopté, originaire de Bosnie », raconte Mubina van Veen-Isovic, dans un allemand parfait même si elle lui préfère l’anglais. « Je ne me suis pas encore mise au français, mais je parle aussi le chinois et le suédois ! Cependant, à la maison, nous parlons néerlandais et je parle toujours en bosniaque avec mes enfants », confie le consul honoraire qui s’amuse beaucoup de la situation linguistique qui anime la maison.

Un petit bout de femme énergique à souhait qui a beaucoup œuvré pour les siens quand ils se sont retrouvés dans le besoin. « Je me suis engagé pour la cause des réfugiés et j’ai beaucoup aidé à l’ambassade à Bruxelles, je me suis occupé de la logistique et on a bien travaillé avec les autorités luxembourgeoises », raconte-t-elle.

Aujourd’hui, elle ne s’occupe plus d’affaires consulaires (elle l’a fait pendant cinq ans) mais reste très active auprès des associations bosniaques du Luxembourg qui la sollicitent pour ses conseils et ses contacts. « J’aide comme je peux », dit-elle modestement. Le nombre de ressortissants bosniaques résidant au Luxembourg doit tourner autour de 5000 personnes, car on ne le sait pas exactement.

Son rôle de consul honoraire l’amène également à accompagner les dirigeants bosniaques en visite officielle ou de travail au Luxembourg. Elle assure la présence du pays qu’elle représente au festival de l’Immigration avec un stand d’information. « Mais je me consacre surtout à la promotion de la Bosnie-Herzégovine avec les cinq ou six associations qui existent ici », précise-t-elle.

Mubina van Veen-Isovic s’est d’abord consacrée à l’éducation de ses enfants avant de trouver un poste dans une société financière américaine à Luxembourg. Elle est d’ailleurs toujours soucieuse d’établir des relations d’affaires entre le Luxembourg et la Bosnie-Herzégovine.

Dans sa maison de Tuntange, elle a aménagé un petit salon typiquement bosniaque, avec le service à thé oriental, posé sur une tablette en verre. Un petit bout d’ailleurs.

Geneviève Montaigu

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