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La Mort au Musée d’Art moderne

vendredi 2 novembre 2012 par BH Info   Partagez sur FacebookTwittez cette information

Nouvelles d’Alma Lazarevska... Six nouvelles, avec pour toile de fond le siège de Sarajevo, mais – à l’exception de la première – par allusions feutrées, quasi désabusées, avec une tendre autodérision, dans une sorte de sfumato.

La Mort au Musée d’Art moderne

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Nouvelles d’Alma Lazarevska

Prix : 14,00 EUR

(Frais d’envoi inclus)

Editions M.E.O.

Nombre de pages : 106

Dimensions : 150 x 210 cm

Parution : novembre 2009

ISBN : 978-2-930333-29-8

Le livre

Menus gestes, faits anodins, sentiments faussement désabusés, réflexions frôlant l’absurde, jeux intellectuels quasi nihilistes, mêlés comme par mégarde aux interrogations essentielles sur la vie et l’art. Elles nous révèlent, de façon d’autant plus poignante que la tragédie n’est là qu’en filigrane, la réalité quotidienne dans « la ville assiégée », cette Sarajevo des années de guerre qui n’est jamais citée.

Ce qu’ils en ont dit

J’ai trouvé ce livre extraordinaire, j’en ai adoré l’écriture. C’est un univers comme une toile blanche – une cave, une pièce – où le seul paysage est celui des pensées de la narratrice, prise au piège dans une vlle assiégée. Il n’y a là rien de victimaire, on est dans un univers très intellectualisé, où le côté intellectuel fait écran à la somme d’émotions totalement contenues et qui résident dans un rien. On sent que ce rien pourrait faire craquer la narratrice, qui n’ose même pas, lorsqu’elle parle de son enfant, dire « Mon enfant » ; elle dit « Le garçon », et elle-même et son mari sont « Les parents du garçon ». On sent qu’un mot de plus et elle éclate. J’ai l’impression d’être à chaque instant portée par un flot d’émotions très canalisées. Cette femme est comme un papillon épinglé au mur par la guerre, elle n’a que ses pensées pour être libre, qui s’agitent dans tous les sens comme des ailes.
Joëlle Baumerder

Un univers qui pourrait être banal puisqu’il s’y passe peu de choses, et pourtant il y a une tension dramatique à la limite de l’insoutenable. C’est un livre captivant, avec des phrases longues qu’on a presque envie de lire à voix haute.
Jean-Pol Hecq (Emission « Des livres et vous » RTBF)

Alma Lazarevska nous semble venir d’un autre monde. Pas que la Bosnie-Herzégovine, son pays, soit tellement exotique, mais parce qu’il s’agit de la seule région de l’Europe qui ait connu la guerre depuis un demi-siècle et que cette expérience, me semble-t-il, crée un hiatus entre les consciences.
Cette guerre, l’auteur nous en parle dans un recueil de nouvelles, « La Mort au Musée d’Art moderne », prix du Meilleure Livre de l’année 1996 décerné par l’Association des Ecrivains de Bosnie-Herzégovine.
Des œuvres consacrées à la guerre en Bosnie, et il en est de nombreuses, mais nous en connaissons assez peu en français, et la plupart ont été le fait d’écrivains qui avaient quitté le pays ou par des Européens qui y avaient passé quelques semaines. Après la guerre, l’édition française s’est vite désintéressée « d’un créneau qui n’était plus porteur ».
Ces œuvres étaient des témoignages, des dénonciations, des cris de révolte, des appels à l’aide, des analyses, des prises de position politiques. « La Mort au Musée d’Art moderne » est en cela tout à fait originale. Ce qui fait la singularité de ce recueil, c’est qu’il est bien sûr consacré à la guerre, mais que la guerre n’en occupe pas l’avant-plan.
A l’exception de la première, les nouvelles se présentent en effet comme un assemblage d’anecdotes et de menus faits de la vie quotidienne de la narratrice. Ces anecdotes, ces menus faits, les uns situés avant la guerre, les autres durant celle-ci, s’engendrent l’un l’autre, éveillent des réflexions, des sentiments, des souvenirs, des personnages plus ou moins pittoresques croqués en quelques traits de plume avec une justesse extraordinaire. Tous ces éléments évoluent ensuite pour leur compte tout en se raccrochant aux autres, comme des fils de couleur s’enchevêtrent savamment. A la fin, les fils ont perdu leur individualité pour donner naissance à une tapisserie multicolore mais homogène qui constitue la nouvelle. Cette construction agit comme la pensée elle-même, sautillant d’un objet à un autre pour revenir ensuite au premier, enrichie par le détour. Bien que rigoureuse, elle paraît lâche et ne pèse pas, permettant au lecteur de serrer au plus près la pensée de l’auteur et ainsi de s’identifier à elle, à ce qu’elle vit ou ressent.
A travers cet assemblage, la guerre se dessine en filigrane, ou comme une toile de fond omniprésente. La guerre conditionne tout, rien ne lui échappe, elle bouleverse l’ordre des choses, elle bouleverse le sens, ou le non-sens des choses, mais on dirait que l’auteur ne la juge pas digne d’intérêt en elle-même, qu’elle s’en détourne avec dédain, presque en se bouchant ne nez, comme un noble de vieille souche considère un parvenu tonitruant dont il n’ignore pourtant pas la puissance. Au point qu’Alma Lazarevska se refuse à en citer les protagonistes. On chercherait en vain la mention de Serbes, de Musulmans ou de Croates, de tchetniks, et même de Bosnie ou de Sarajevo, appelée pudiquement « la Ville assiégée ».
La réalité de la guerre est ainsi présentée par petites touches, assez pour qu’on en ait toujours conscience, mais sans jamais s’appesantir. On la retrouve au détour d’une anecdote, d’une réflexion, d’un jeu intellectuel, qu’elle bouscule et remet à sa place.
« Dans la ville assiégée, écrit Alma Lazarevska, tout semble inhabituel et tout est pourtant ordinaire. »
La guerre sert de révélateur Elle oblige à prendre conscience de tout ce qui constituait un quotidien distrait et dont l’absence aujourd’hui fait comprendre à quel point il était précieux : le sachet de thé plongé dans l’eau chaude au petit déjeuner, le souvenir d’une émotion de fillette, les interrogations sur le rôle de la littérature. Et en même temps, elle donne un autre sens à ce vécu quotidien. Elle balaie les faux semblants. Sous l’œil de la guerre, on ne frime plus. Les questions qui se posent ne sont plus des exercices de style. Il s’agit de vie et de mort, au sens le plus trivial des termes. Les autres interrogations subsistent certes, mais elles s’articulent autour de cet axe impitoyable.
La guerre introduit aussi la tragédie dans ce qui n’aurait sans elle été qu’anecdotes. Il n’y a rien d’extraordinaire à ce qu’une revue adresse à des intellectuels un questionnaire où figurent des questions comme « Où aimeriez-vous vivre ? », et surtout « Comment aimeriez-vous mourir ? », dans le but de les publier et de les déposer au Musée d’Art moderne de New York. Les milieux intellectuels sont truffés de ce genre d’initiatives nées dans le cerveau de gens qui se demandent comment remplir leur prochain numéro. Mais quand les destinataires de ce questionnaire vivent dans la ville assiégée, bombardée quotidiennement, où à chaque instant peut tomber l’obus final, que celle qui répond le fait à la lumière d’une bougie parce qu’il n’y a plus d’électricité, qu’elle doit dicter ses réponses à son mari parce que sa main est blessée, tout intellectualisme devient grotesque, sinon odieux, et surgissent aussitôt les interrogations essentielles.
Un livre à lire d’urgence.
Dinama, Critiqueslibres.com

Alma Lazarevska est née en 1957 en Macédoine et vit depuis son plus jeune âge à Sarajevo. Journaliste pendant la durée du siège, elle se consacre maintenant à l’écriture. Elle a publié des nouvelles, un roman, un essai. Ses nouvelles sont traduites et publiées dans des revues en Autriche, aux Etats-Unis et en Grande-Bretagne. Elle est publiée aussi en Allemagne et en Belgique (grâce à l’écrivain Gérard Adam). Dans ce recueil, l’auteur présente ses récits au regard du lecteur comme une succession de lamelles. Elle rassemble des faits, « des phrases éparpillées sur tant de lieux et d’années », des personnes rencontrées : travail minutieux, obscur. Si son propos n’est pas de décrire le siège de la ville, celui-ci imprègne cependant les histoires. La vie suit irrémédiablement son cours, se faufilant à travers les mailles de l’Histoire, et ne peut toujours en être indemne. Alors l’événement – la blessure, la mort – est tressé aux autres fils du récit. La première histoire, Dafna Phefogh passe le pont, est fondée, elle, sur le partage de la ville en deux qui vient en accentuer la cruauté. La vieille dame célibataire nous en rappelle d’autres, dans la littérature, porteuses de malchance, comme si cet état ne pouvait déboucher sur aucun bonheur. La narratrice des autres textes est presque toujours dans un lieu clos, maison, immeuble, appartement, avec d’autres personnages qui nous apparaissent comme plutôt étranges. L’auteur jongle à la frontière de l’absurde, avec des touches d’ironie froide, pour mieux contenir, peut-être, sa colère ou bien lui permettre de survivre à pire que le siège, à la mort qui veille au Musée d’Art Moderne.
Christiane Rolland Hasler, Brèves.

L’auteur


Alma Lazarevska est née à Veles (Macédoine), mais vit à Sarajevo depuis son plus jeune âge. Diplômée en littérature, théâtrologie et journalisme, elle a été longtemps journaliste avant de se consacrer uniquement à la littérature. 
Elle a vécu tout le siège de la ville en tant que journaliste et grâce à sa bonne connaissance de l’anglais, a souvent été sollicitée pour guider les représentants de la presse internationale 
Les deux présents ouvrages ont été écrits durant le siège de Sarajevo et publiés juste après. 
Bien que publiant peu, Alma Lazarevska est un des écrivains les plus en vue de la littérature bosnienne. Elle a été traduite en allemand et en anglais. Une nouvelle de ce recueil a été publiée dans la revue « Marginales », dirigée par Jacques De Decker, secrétaire perpétuel de l’Académie royale de Langue et de Littérature françaises. 
Alma Lazarevska a été l’hôte de la Foire du Livre de Bruxelles en 2003. Elle a également été l’hôte de la Quinzaine des Femmes de la Ville de Bruxelles en 2009. Une lecture-spectacle d’extraits de ses œuvre a été donnée à cette occasion au Théâtre Varia et durant le festival littéraire Tournai-la-Page.

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