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La cuisine des Balkans s’achète à la supérette

vendredi 25 juin 2010 par BH Info - 0

24 Heures

« C’est une chance de pouvoir trouver des produits de chez nous ici. Je suis vraiment contente », confie Mevlude Sadiku. Pour cette habitante d’Aigle d’origine albanaise, plus besoin d’attendre un aller-retour au Kosovo pour remplir le garde-manger familial de saveurs du pays. L’offre en magasin d’aliments en provenance des Balkans ne cesse de s’étoffer.

Migros vient de saisir à son tour le filon, en misant depuis le mois dernier sur six produits traditionnels de Bosnie-Herzégovine, de Croatie et de Slovénie. Parmi eux, de la goulache de bœuf Podravka, de la pâte à tartiner à base de poulet Podravka ou encore des préparations de légumes Ajvar. Ces articles sont disponibles, tous ou en partie, dans la plupart des succursales Migros. Des poivrons farcis à la choucroute compléteront la gamme dès l’automne. « Nous avons constaté que Denner avait déjà un assortiment, et qu’il se vendait bien », explique Monika Weibel, porte-parole de Migros.

Authenticité en boîte

Si le succès était au rendez-vous, le groupe pourrait augmenter le nombre de ses références à l’avenir. L’important était de proposer des denrées « authentiques », c’est-à-dire élaborées dans leur pays d’origine, histoire de plaire aux papilles averties. Sinon, gare au flop ! Monika Weibel cite le cas de ces produits grecs, non authentiques, appréciés par les Suisses, mais retirés des rayons pour avoir été boudés par les clients grecs.

Le géant orange n’est pas le premier à sentir souffler ce vent d’Europe de l’Est. Denner compte depuis 2005 vingt-cinq références, comme ces rouleaux de viande hachée appelés cevapcici. Des produits « de plus en plus appréciés par le reste de la population », certifie Grazia Grassi, responsable communication de l’enseigne. Coop s’est elle aussi positionnée sur ce marché. Depuis l’an dernier, elle propose une centaine de spécialités, vins et bières compris, issues plus largement de l’Europe de l’Est.

Le groupe Magros-Casino, qui se targue lui aussi d’un joli éventail, envisage même, dès 2011, de regrouper ce dernier à un seul et même endroit, à l’instar du panel asiatique ou portugais. « Je suis persuadé qu’il y a un créneau », estime Didier Cazorla, directeur des achats des produits frais du groupe. De quoi réjouir la communauté balkanique, qui, en prime, semble apprécier la qualité des mets. « C’est compliqué de ramener de la marchandise de chez nous, souligne Mevlude Sadiku. Avec la température, elle s’altère, sans compter qu’il est interdit d’importer de la viande. » Seul bémol : si ces articles de supermarché s’avèrent plus avantageux que ceux commercialisés dans des épiceries ethniques, leur prix reste supérieur de beaucoup à l’équivalent disponible dans le pays d’origine. Exemple avec ce pâté de bœuf, vendu 2 fr. 95 à la Migros. Au Kosovo, son prix n’excéderait pas 1 euro.

CONSOMMATION - L’offre de nourriture en provenance de l’Europe de l’Est ne cesse de croître dans les supermarchés. Dernier exemple en date avec Migros. Des produits qui plaisent à la communauté concernée. La preuve par une dégustation.

"C’est bon, mais un peu doux ! »

La minidégustation a réuni une poignée de mères de famille aiglonnes originaires des Balkans. Les intéressées se réclament toutes d’une tradition culinaire qui inclut indifféremment la Croatie, la Slovénie et la Bosnie- Herzégovine. Ouverture des festivités avec une première bouchée de pâté de bœuf, un aliment consommé d’habitude au petit déjeuner : « C’est bon, mais un peu cher. » La pâte à tartiner à base de poulet est aussitôt adoptée : « Les enfants adorent. » Même annoncé comme « fort », l’ajvar, sorte de coulis de légumes composé à 80% de poivron rouge, laisse un arrière-goût de frustration : « C’est un peu doux. » Autant dire que la version douce s’avère un rien fade. Là-bas, la coutume veut que l’on prépare ce mélange soi-même, en grande quantité. Idem pour la goulache de bœuf, dressée en général avec des pâtes et du riz. « Je n’en ai jamais acheté. Je la prépare moi-même », confie Mevlude Sadiku. Vrai que tous les ingrédients entrant dans sa composition sont en vente dans les magasins. Le géant orange a vu juste en proposant son assortiment : « Ce sont des produits qu’on utilise tous les jours. »

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