Toute l'actualité sur la Bosnie-Herzégovine

Accueil > Tourisme > Pratique > Bosnie en bref > Histoire

Histoire

par BH Info   Partagez sur FacebookTwittez cette information

Romaine, slave, hongroise, ottomane, austro-hongroise, yougoslave... la Bosnie. L'histoire de la Bosnie, c'est l'histoire complexe d'un pays multiple, composé de petits peuples, situé au carrefour d'empires, de populations et de religions.

La Bosnie médiévale (1180-1463)

L’histoire de la Bosnie médiévale est marquée par ses trois souverains : Ban Kulin (qui régna de 1180 à 1204), Ban Stjepan Kotromanic (1322-1353) qui fut le roi de la Bosnie et du Hum (L’Herzégovine actuelle) et son neveu Tvrtko Ier (1353-1391) qui se fit proclamer roi en 1377. Sous son règne, le pays connut un essor économique et un élargissement territorial sur une grande partie de la côte dalmate.

Au 12e siècle, aux temps du règne du ban Kulin, disciple de l’église bogomile (cathare), la Bosnie devint indépendante. Un royaume prospère mais instable, constamment attaqué par les Hongrois car considéré comme hérétique par l’Eglise, mais qui resta impénétrable durant trois siècles, jusqu’à l’arrivée des Ottomans, protégé et isolé par son relief montagneux.

Le premier monarque bosnien régna pendant 30 ans, il apporta la paix, la stabilité et la prospérité au pays notamment grâce aux traités commerciaux avec Dubrovnik (Raguse) et Venise. En 1340, avec l’arrivée des Franciscains, de nombreuses conversions commencèrent pour maintenir le catholicisme en Bosnie. Le dernier grand roi de Bosnie, Tvrtko Ier fit de la Bosnie un royaume indépendant mais en 1377, après son décès, le royaume tomba dans une longue période de déclin et d’anarchie qui fut marqué par l’opposition des grands féodaux, qui soutiennent le bogomilisme, au souverain, qui est généralement catholique.

Le dernier souverain de la Bosnie médiévale Stjepan Tomasevic, fuyant l’expansion ottomane en Bosnie, finit par se rendre aux Ottomans. Il fut amené à Jajce et exécuté.

Sa femme, la reine Katarina quant à elle, en fuyant sa résidence à Kraljeva Sutjeska, se réfugia à Kupres pour réorganiser la défense du pays. Elle y construit un certain nombre d’églises catholiques afin que Dieu lui vienne en aide contre les « infidèles » musulmans. Kupres fut prise et elle se réfugia en Croatie, à Ston puis à Dubrovnik qui, bien que menacé, réussit à conserver son indépendance grâce à des appuis diplomatiques et une forte somme d’argent. Toutefois, la reine Katarina dut fuir Dubrovnik aussi et se réfugia finalement à Rome, d’où elle tenta jusqu’à la fin de ces jours et sans succès, de libérer son pays et ses enfants capturés par les Ottomans. Ils seront éduqués selon la doctrine du Coran et mourront dans l’empire ottoman sans revoir leur mère. Katarina, quant à elle, mourut le 25 octobre 1478 et fut enterrée dans l’église franciscaine de Santa Maria sur la colline Ara Coelli à Rome. Dans son testament, elle légua la Bosnie et l’Herzégovine en premier lieu à son fils s’il revenait dans la foi catholique, et en second lieu au Vatican dans le cas contraire. Sa mémoire est toujours célébrée en octobre de chaque année à Kraljeva Sutjeska, un monastère franciscain qui abrite notamment l’église Saint Jean-Baptiste, les ruines du palais royal et de la chapelle dédiée à St Grégoire.

En 1463, la Bosnie passa définitivement sous la domination ottomane et abandonna le mouvement religieux apparenté au catharisme. Témoins de l’époque, plus de 90.000 stèles funéraires bogomiles (stecak), uniques au monde, ornent les paysages de la Bosnie-Herzégovine.

La Bosnie Ottomane

Sous les Turcs, la Bosnie a un statut spécial. Les conversions à l’islam de nobles, mais aussi de paysans, sont nombreuses. Conformément à la tradition de l’islam, l’Empire ottoman tolère les autres religions du Livre et ne procède pas à des conversions forcées. Un certain nombre de Juifs, chassés d’Espagne en 1492, s’établissent d’ailleurs en Bosnie. Les non-musulmans sont cependant soumis au versement d’impôts spécifiques, en reconnaissance de la protection octroyée par le sultan, ce qui explique qu’un certain nombre de conversions répondent à des raisons fiscales, économiques et sociales.

Des familles d’islamisés accéderont à de hautes fonctions dans l’Empire. L’islam en vigueur en Bosnie, comme dans tout l’Empire ottoman, est un islam sunnite de rite hanafite, mais des confréries soufies sont également actives dans le pays, parfois réprimées par les autorités ottomanes. Depuis, l’islam est devenu une composante majeure de l’identité du pays, marquant l’architecture, le paysage, mais aussi les mœurs et les usages.

Les villes et le commerce se développent. Mais, au cours de la guerre avec l’Autriche (1683-1699), le Prince Eugène incendie Sarajevo (1697) ; après le traité de Požarevac (1718), qui met fin à une nouvelle guerre, l’Autriche occupe une frange au nord de la Bosnie, qu’elle rend aux Turcs en 1739.

À partir du recul des Turcs dans les Balkans au XVIIIe s., l’insubordination se répand parmi les dignitaires musulmans et la situation de la Bosnie se dégrade. Au XIXe s., les réformes entreprises par les sultans suscitent l’hostilité de la noblesse musulmane, menacée dans ses privilèges ; malgré certaines réformes, la situation de la paysannerie reste très rude, d’où de fréquentes révoltes. En 1875, à la suite d’une famine, une insurrection éclate en Herzégovine, s’étend à la Bosnie et provoque l’entrée en guerre des Serbes et des Monténégrins, et une intervention russe contre les Turcs. Pour prix de sa neutralité, l’Autriche-Hongrie, au congrès de Berlin (1878), obtient l’administration de la Bosnie-Herzégovine, tout en maintenant la suzeraineté turque ; elle annexera complètement la Bosnie en 1908.
La Bosnie Ottomane - (c)2012 Extrait de l’encyclopédie Larousse.fr

La Bosnie-Herzégovine sous la domination de l’Autriche-Hongrie

L’occupation autrichienne est mal acceptée par la population locale en particulier des Serbes et des musulmans. Ces derniers, représentent à cette époque à peu près la moitié de la population, ils émigrent en grand nombre vers l’Empire ottoman. Quant aux Serbes, ils aspirent de plus en plus à l’union avec la Serbie voisine.

Le terrain est propice à la montée des nationalismes, c’est dans ce contexte qu’un groupe terroriste « Mlada Bosna » (lié avec la Main Noir, une société secrète liée au gouvernement du Royaume de Serbie) organise l’assassinat de l’archiduc François Ferdinand, héritier du trône des Habsbourg et de sa femme Sophie à Sarajevo le 28 juin 1914. Une date cruciale dans l’histoire mondiale car l’assassinat perpétré par le Serbe Gavrilo Princip contre l’archiduc déclenchera la Première Guerre mondiale.

La Bosnie-Herzégovine dans la Yougoslavie

Le 1er décembre 1918, les territoires de Bosnie sont intégrés au nouveau « royaume des Serbes, des Croates et des Slovènes ». Mais ce royaume ne reconnaît pas de frontières particulières à la Bosnie, ni de spécificité aux musulmans bosniaques qui doivent se déclarer soit serbes, soit croates. L’Organisation musulmane yougoslave, dirigée par Mehmed Spaho, participe à la plupart des gouvernements de coalition entre 1918 et 1928. L’administration régionale et surtout locale est entre les mains des royalistes serbes. D’autre part, le développement économique du pays reste modeste, malgré l’exploitation de ressources minières. Afin de procéder à une centralisation du pouvoir, le royaume des Serbes, des Croates et des Slovènes se transforme en « Royaume de Yougoslavie ».

Ainsi, à partir de 1929, un nouveau découpage administratif du pays est mis en place, ignorant les revendications d’autonomie de l’Organisation musulmane. Ce découpage permet, en outre, de confondre certaines frontières naturelles et historiques entre la Croatie et la Bosnie. Le pouvoir royal, qui manque de moyens financiers, doit affronter la crise économique de 1929-1930. De plus, menant une politique autoritaire, la monarchie ignore les désirs d’indépendance des pays qu’elle gouverne. Dans ces conditions, la Bosnie ne peut pas se développer et reste un pays majoritairement agricole.


La Bosnie-Herzégovine pendant la Seconde Guerre mondiale

Le 6 avril 1941, Belgrade est écrasée par les bombes de la Luftwaffe. La Yougoslavie royale, qui avait maintenu sa neutralité au prix de multiples contorsions diplomatiques, est à son tour envahie par les forces de l’Axe. L’armée yougoslave, mal équipée et peu préparée, cède de toutes parts, 375 000 officiers et soldats yougoslaves sont faits prisonniers. L’agonie du royaume du jeune roi Pierre II Karadjordjević aura duré onze jours. La capitulation est signée le 17 avril 1941, le roi et le gouvernement s’enfuient à Athènes (14 et 15 avril), puis à Londres.

Vaincu militairement, le pays est rapidement dépecé. La Bosnie-Herzégovine est attribuée à l’État croate indépendant, dont Hitler confie le gouvernement à Ante Pavelić, chef du mouvement ultranationaliste Oustacha, qui s’est développé en Croatie depuis 1929 contre l’autorité monarchique serbe. Le parti des Oustachi prône une politique fasciste et tente de gagner la bienveillance des musulmans de Bosnie, qu’il qualifie de « fleurons de la race croate ». Il organise, en revanche, des conversions forcées, des expulsions et des massacres à l’encontre des Serbes. L’indépendance croate s’inscrit dans une spirale de violences et d’extermination des peuples non croates, dont les Serbes de Bosnie-Herzégovine sont les principales victimes ; plusieurs centaines de milliers d’entre eux périssent dans le camp de concentration de Jasenovac.

La Bosnie-Herzégovine devient le théâtre d’une guerre entre Tchetniks, Oustachi et partisans communistes. Ces derniers forment les seules forces multi-ethniques et leur nombre augmente progressivement, surtout à partir de 1943. Le territoire de la Bosnie est le champ d’affrontements importants : bataille de la Kozara (juin 1942), de la Neretva (mars 1943), de Drvar (mai 1944). En outre, entre l’automne 1944 et la fin du mois de mai 1945, des combats dévastateurs ont lieu entre les partisans communistes de Tito, soutenus par les Anglais depuis la conférence de Téhéran en 1943, et les forces allemandes, alliées aux Croates. C’est en Bosnie que vont se dessiner les contours et les fondements de la future Yougoslavie, lors des deux Conseils antifascistes de libération nationale (AVNOJ, Antifašističko veće narodnog oslobodjenja Jugoslavije) à Bihać (novembre 1942) et à Jajce (novembre 1943). Le 29 novembre 1943, date de la réunion à Jajce, est retenu comme la date officielle de la création de la République socialiste fédérative de Yougoslavie (RSFY) et demeurera jour de fête nationale jusqu’en 1992.


SFRJ : la Yougoslavie de Tito

La Constitution yougoslave de 1945 reprend les principes énoncés lors du Conseil antifasciste de libération nationale de Jajce du 29 novembre 1943. La Bosnie-Herzégovine devient une des six républiques de la Fédération yougoslave. Les trois peuples qui la composent, Serbes, Croates et musulmans sont considérés comme bosniaques. Une distinction essentielle est, dès l’origine, inscrite dans la Constitution entre « peuple » ou « nation » (narodnost) et « citoyenneté ». Les « peuples » sont des « peuples constitutifs de la Fédération yougoslave » qui disposent, à ce titre, de « foyers nationaux » dans une ou plusieurs des Républiques. Ainsi, les Serbes disposent de foyers nationaux en Serbie, en Bosnie-Herzégovine et en Croatie. Cinq peuples sont retenus : les Slovènes, les Croates, les Serbes, les Macédoniens et les Monténégrins. À l’inverse, bien que très nombreux, des groupes comme les Italiens d’Istrie, les Hongrois de Vojvodine ou les Albanais du Kosovo et de Macédoine (1,7 million en 1945) ne sont considérés que comme des « nationalités » puisqu’ils possèdent un berceau national hors de Yougoslavie. Et à la différence de la France, où les notions de citoyenneté et de nationalité sont synonymes, en Yougoslavie, la citoyenneté est une notion territoriale (on est citoyen de sa république de résidence) tandis que la nationalité désigne une appartenance ethnique.

Sous Tito, les musulmans de Bosnie jouissent d’une position relativement privilégiée, le régime communiste s’efforçant, sur le plan politique, de faire pièce aux deux « grands » nationalismes, serbe et croate. Les uniques conflits surviennent dans l’immédiat après-guerre après l’interdiction par les autorités du port du voile. Ainsi, une « nationalité musulmane » est-elle reconnue en 1971, tandis que le régime favorise les structures religieuses musulmanes dans le but de se concilier ses alliés arabo-musulmans du Mouvement des non-alignés. Un grand nombre de mosquées sont construites durant l’époque communiste, et l’Université de théologie islamique de Sarajevo poursuit ses activités sans heurts avec les autorités politiques.

Un programme ambitieux de reconstruction et d’industrialisation (sur le modèle soviétique) est mis en place dans le cadre d’un plan quinquennal à partir de 1945. Ce sont par exemple 65 000 personnes, dont de nombreux communistes européens, qui se portent volontaire pour construire la voie ferrée Šamac-Sarajevo. Une importante migration s’opère des campagnes vers les nouveaux sites industriels de Zenica ou de Tuzla. Un autre flux migratoire a lieu en direction de la Vojvodine, où se trouvent de grandes propriétés agricoles, nationalisées puis distribuées en petits lots par les communistes.

Le régime titiste prône l’unité et la fraternité entre les peuples et combat toute résurgence du nationalisme. Il instaure aussi un système économique spécifique à partir des années 1950, marqué par l’autogestion et la notion de propriété sociale. Les entreprises n’appartiennent donc plus à l’État, comme dans les autres pays de l’Europe de l’Est, mais à ceux qui y travaillent. Ce modèle spécifique de socialisme sera récusé jusqu’en 1956 par les autres pays de l’Europe de l’Est communiste.

C’est en Bosnie que se trouvent les plus grandes entreprises, sur lesquelles s’appuie l’industrialisation massive. Par ailleurs, à partir des années 1960, d’importantes sociétés de construction bosniaques remportent de nombreux contrats à l’étranger, principalement au Moyen-Orient, concurrençant ainsi les sociétés occidentales. L’essor économique est aussi marqué par la multiplication d’industries chimiques et électrotechniques. Mais, dans les années 1980, après la mort de Tito, des scandales financiers révèlent les faiblesses d’un système économique et politique basé sur le clientélisme. À ce titre, l’exemple de « l’affaire Agrokomerc » est édifiant. Cette entreprise agroalimentaire implantée à Velika Kladuša, en Cazinska Krajina, dans une région musulmane très pauvre, assure un emploi à plus de 10 000 personnes. En 1987, une enquête établit qu’Agrokomerc a émis des traites d’une valeur globale proche d’un milliard de dollars, réescomptées par une banque locale, la banque de Bihać, auprès d’autres banques yougoslaves. Fickret Abdić, dit « le notable rouge », directeur de l’entreprise et membre du comité central de la Ligue des communistes yougoslaves, rétribuait largement le vice-président Hamdija Pozderac. Celui-ci, impliqué dans le scandale, est exclu de la présidence collégiale, où il représente la Bosnie-Herzégovine, et du comité central, au grand désarroi d’une grande partie de la population musulmane, qui y voit une machination des Serbes pour éliminer l’étoile montante de la politique musulmane. Symptomatique du malaise de l’économie yougoslave, l’« affaire Agrokomerc » est aussi l’illustration de la faillite de tout un système. Entretenue par des crédits internationaux, la croissance économique des années 1960 et 1970 laisse place, à la fin des années 1980, à une hyperinflation qui influence la vie politique locale.

La montée des nationalismes

En 1990, de nouvelles forces politiques nationalistes se développent aux dépens des communistes et des partis « citoyens » (non ethniques). Lors des premières élections libres, les partis nationalistes sortent largement vainqueurs. Au Parlement, le parti d’Action démocratique (SDA) du leader musulman Alija Izetbegović obtient 86 députés, le parti démocratique serbe (SDS) de Radovan Karadžić, 70, l’Union démocratique croate de Bosnie-Herzégovine (HDZ) de Stjepan Kljujić, 45, et les partis « citoyens », 37. Animés d’un anticommunisme commun, les partis nationaux avaient fait campagne ensemble. Ainsi A. Izetbegović, le futur président de la République bosniaque, a été invité à prendre la parole lors du congrès de fondation du SDS. Par ailleurs, de nombreux électeurs ont voté pour des candidats d’une autre « nationalité » que la leur (à Mostar et à Travnik, communes à majorité musulmane, des députés de la HDZ sont élus ; à Vitez, commune à majorité croate, c’est un député du SDA qui est élu). Le pouvoir est donc partagé, au sein d’une coalition gouvernementale, entre les différents partis nationalistes : le poste de président revient à Alija Izetbegović (SDA), celui de président du Parlement à Momčilo Krajišnik (SDS) et celui de Premier ministre à Jure Pelivan (HDZ).

La Bosnie-Herzégovine dans la Yougoslavie - (c)2012 Extrait de l’encyclopédie Larousse.fr

Un message, un commentaire ?

modération a priori

Ce forum est modéré a priori : votre contribution n’apparaîtra qu’après avoir été validée par un administrateur du site.

Qui êtes-vous ?
Votre message
  • Ce formulaire accepte les raccourcis SPIP [->url] {{gras}} {italique} <quote> <code> et le code HTML <q> <del> <ins>. Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.

Suivez-nous Flux RSS Abonnement newsletter Instagram YouTube Suivez nos tweets Suivez-nous sur Facebook

Agenda