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CULTURE/CINEMA

De Jolie mélos hollywoodiens inspirés par la guerre de Bosnie

samedi 24 septembre 2011 par BH Info - 2

Café Babel

Seize ans après la fin des conflits, la Bosnie est en train de devenir une « terre promise » pour les réalisateurs hollywoodiens et européens qui cherchent désespérément une histoire de guerre à la fois vraie et susceptible de bien se vendre. La tragédie bosnienne serait-elle devenue un bon filon ?

Le 8 septembre, Penelope Cruz, l’actrice espagnole récompensée par un Oscar, est apparue pour un tournage à l’aéroport international de Sarajevo. Le nouveau film du réalisateur italien Sergio Casellitto, Venuto al Mondo (Venu au monde, 2012) s’inspire du bestseller de Margaret Mazzantini (son épouse). C’est l’histoire d’une réfugiée qui ramène son fils de 16 ans à Sarajevo, où le père est mort pendant la guerre de 1992-95.

Nouvelle tendance ? Produire des mélos sur la récente guerre de Bosnie ?

Les films de guerre, à mon avis en tout cas, s’inspiraient des guerres actuelles, comme Behind Enemy Lines (En Territoire ennemi, 2001) ou du terrorisme, comme The Peacemaker (Le Pacificateur, 1997). Aujourd’hui, 16 ans après la fin de la guerre dans les Balkans, ce genre d’histoires a évolué : expliquer les relations humaines et l’impact de la guerre sur la vie des gens ordinaires.

Cette mode des films sur la guerre en Bosnie est arrivée à Hollywood grâce à l’actrice Angelina Jolie, qui est apparue en Bosnie en 2010 en tant qu’ambassadrice de bonne volonté pour l’organe des Nations Unies qui s’occupe des réfugiés. Elle a déclaré que l’idée du film In The Land Of Blood And Honey, une histoire d’amour entre un Serbe chrétien (Goran Kostic) et une Bosnienne musulmane (Zana Marjanovic) pendant la guerre, lui était venue pendant une convalescence grippale dans sa maison du sud de la France.

Après des débuts difficiles, s’attirant les foudres de victimes de viols pendant la guerre de Bosnie (les autorités bosniennes en sont venues une fois à annuler un permis de filmer), son travail lui a valu un « prix honoraire du cœur de Sarajevo ». C’était presque touchant de voir Angelina Jolie au bord des larmes au moment où le public s’est levé pour l’acclamer. « Dans la voiture, j’ai dit à Brad que j’avais peur de me mettre à pleurer », a-t-elle déclaré.

Parler du passé n’est pas une mauvaise chose. C’est très important pour les Bosniens de parler de ce qui s’est passé pendant la guerre, et même après. Si on se détourne du passé, on ne peut pas espérer guérir. L’art, en particulier le cinéma, peut être d’une grande aide. Mais on peut être sceptique par rapport aux films hollywoodiens. Leurs histoires ne sont faites que pour plaire à un large public et générer de l’argent. Nos réalisateurs pourraient et devraient fournir un meilleur travail et créer des films plus introspectifs. Plus francs.

In The Land Of Blood And Honey sort le 23 décembre 2011 aux USA

PAR SLADANA PERKOVIC

TRADUCTION : SOPHIE EHRSAM

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2 messages

  • Je partage votre point de vue. J’ai vu beaucoup de film ayant pour support, ou toile de fond, la période sombre de Bosnie, ou ses répercussions.La différence pour moi, c’est qu’ils étaient l’oeuvre de réalisateurs régionaux, qui avaient des choses à dire parce que c’était en eux, c’était pour eux une tragédie vécue personnellement d’une manière ou d’une autre, car tout habitant de Bosnie, de quelque façon qu’il ait vécu pendant la période de la guerre, l’a vécue comme une tragédie. Ils expriment, ces réalisateurs, différents facettes de ce qui se joue pour les gens, et ce n’est pas un simple spectacle pour eux. Leurs films m’ont beaucoup apporté, leurs films sont forts, beaux et bons. Et je sais déjà que jamais, au grand jamais, je n’irai voir les films "hollywoodiens" traitant du sujet. Je n’aurais pas su exprimer clairement pourquoi. D’une certaine façon, je sais que ces films-là n’auront rien à me dire, et même, qu"ils me mettront mal à l’aise. Ces réalisateurs sont des spectateurs, et, oserai-je dire que j’y vois un brin d’opportunisme à la sauce américaine ? Les réalisateurs bosniens sont excellents, et savent faire des films, justement sans mélo, justes et pointus, touchants, vrais. J’aime le cinéma bosnien dans son ensemble, je l’aime aussi quand il parle de ce douloureux passé récent. Pour qu’on me parle de la guerre en Bosnie, c’est eux que je veux suivre. Et je n’arriverai jamais à me pencher sur les productions d’Hollywood sur le sujet. Ce que vous avez pointé ici m’a fortement parlé.

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  • Tout à fait d’accord ! Pour pouvoir aider les gens, quelle que soit la manière et/ou la démarche, il faut d’abord les comprendre...mais pour les comprendre, il faut d’abord se comprendre sois-même avant d’agir.

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Dernière mise à jour :
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