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Crimes de guerre : Radomir Susnjar condamné à 20 ans de prison

lundi 4 novembre 2019 par Zehra Sikias  |  5 Partagez sur FacebookTwittez cette information

Au terme d’une longue procédure judiciaire, Radomir Šušnjar dit Lalco, après son extradition de France en 2018, a été condamné par la justice de Bosnie-Herzégovine à 20 ans de prison pour crimes de guerre commis contre plusieurs dizaines de civils à Visegrad en 1992.


Avec d’autres militaires serbes membres de la formation Osvetnici, il a été inculpé par la justice bosnienne du massacre de 59 civils bosniaques, y compris des femmes et des enfants. Enfermés dans une maison, située dans la rue Pionirska à Visegrad, ils ont été brûlés vifs dans un incendie. Ce massacre, connu sous le nom « Ziva lomaca » (le grand feu), a eu lieu le 14 juin 1992.

Radomir Susnjar a été accusé d’avoir personnellement verrouillé tous les accès et d’y avoir mis le feu en jetant dans le local des grenades incendiaires. Certaines victimes ayant tenté de s’enfuir par les fenêtres ont été abattus. Seulement huit d’entre elles ont survécu, dont deux sont décédées entre-temps. Plusieurs survivants de ce massacre ont pu témoigner au procès.

Âgé de 62 ans, le Bosno-Serbe Radomir Susnjar, qui se cachait sous une autre identité en France, près de Paris, a été localisé en 2014, identifié par plusieurs témoins.

Pour ce massacre, Milan Lukic, ancien chef du groupe paramilitaire serbe Beli Orlovi a été jugé et condamné à perpétuité par le TPIY et Sredoje Lukic à 27 ans de prison ferme.

La Cour d’Appel de Paris a longtemps été opposée à l’extradition de Susnjar sur la base d’une qualification pour les crimes contre l’humanité, considérant que les faits, ayant été commis avant que la loi française contre l’humanité n’entre en vigueur en 1994, devaient être analysés sous l’angle d’une qualification de droit commun. Toutefois, les autorités bosniennes ont refusé cette qualification de simples actes de droit commun, prescriptibles en 10 ans, s’agissant bien des crimes contre l’humanité, imprescriptibles selon le droit international.

Susnjar nie son identité

Défendu en France par Me Olivier Morice, Radomir Susnjar se prétendait victime d’une confusion avec un homonyme, un certain « Milan Susnjar ». Toutefois, autorisés par le juge de s’exprimer en tant que témoins, Huso Hurspahic de Visegrad et Bakira Hasecic, présidente d’une association de femmes victimes de guerre, également originaire de Visegrad, avaient formellement reconnu l’homme, leur ancien voisin.

Par ailleurs, l’avocat général, maître Jean-Charles Lecompte avait confirmé que les empreintes digitales et les photos correspondent à la description de l’accusé, s’appuyant sur la conclusion de plusieurs experts. Le juge Jean Bartholin, président de l’audience, avait, lui aussi, rappelé que l’identité de l’accusé, sous le coup du mandat européen, était bien vérifiée.

Domicilié à Seine-Saint-Denis, Radomir Susnjar, né en 1955, est installé en France depuis 1980 avec sa famille. Avant la guerre, Susnjar travaillait à Paris comme couturier mécanicien au sein de sociétés spécialisées dans la confection, puis en 1986, il avait retourné Visegrad où il occupait un emploi de livreur de pain. Selon son avocat, la mobilisation de Susnjar au sein de l’armée de la Republika Srpska date du 20 juillet 1992, soit d’une date postérieure aux faits reprochés. Après la guerre, il s’est réinstallé en France.

Višegrad est une petite ville du Sud-Est de la Bosnie Herzégovine, proche de la frontière serbe. En raison de son barrage hydroélectrique, de sa liaison routière avec la Serbie et d’autres caractéristiques, il s’agissait d’une ville stratégiquement importante lors du conflit en Ex-Yougoslavie.

Le 19 mai 1992, l’armée populaire yougoslave s’est officiellement retirée de la ville. Les chefs serbes locaux ont alors établit la « municipalité Serbe de Višegrad » et ont pris contrôle de tous les bureaux gouvernementaux de la municipalité. C’est peu après que des serbes locaux, la police et les paramilitaires ont débuté l’une des plus tristement célèbres campagnes de nettoyage ethnique du conflit. Ainsi, beaucoup des Bosniaques qui n’auraient pas été tués sur le champ auraient été détenus en divers endroits de la ville ainsi que dans les anciens baraquements militaires de l’armée yougoslave populaire à Uzamnica, cinq kilomètres à l’extérieur de Višegrad, indique-t-on dans un rapport de l’ONG Trial, basée à Genève, qui lutte contre l’impunité des crimes les plus graves (génocides, crimes contre l’humanité, crimes de guerre, tortures et disparitions forcées) et défend les intérêts des victimes.

Les personnes détenues dans ces casernes de Visegrad ont été gardés dans des conditions inhumaines, régulièrement battues et utilisées pour des travaux forcés pénibles. Les tueries de Višegrad ont été parmi les premières effectuées par les forces serbes sur la population musulmane bosniaque locale pendant la guerre.

Vos réactions

  • Bonjour

    Votre article est incohérent
    Vous dite qu’il se cachait sous un autre nom puis qu’il vivait en France depuis 1990 avec sa famille
    Il faudrait savoir.

    • C’est vrai que c’est flou. En 1986 à Višegrad et ensuite ? Quand est-il revenu en France ? Le fil conducteur est effectivement flou. Et l’explication sur comment ils ont résolu l’identité également.

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  • Bonjour

    Avant d’écrire des âneries renseigner vous. Je connais ce monsieur et en aucun cas il se cachait sous un autre nom. Il a tjrs vécu en France sous son vrai nom.

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  • Et son entourage ?Il a une « suite » à Paris de plusieurs fidèles et fous comme lui.

    • Malheureusement Alice, le ’nettoyage ethnique’ est encore indirectement encouragé par le sentiment d’appartenance lié à celui de la religion. Les écoles séparent encore les ’ethnies’ en Bosnie Herzegovine.

      Par ailleurs si en France notre culture de séparation de l’identité avec la religion est forte, ce n’est pas le cas de la plupart des pays du monde, même si la langue est commune (ou très fortement proche).

      Dans ce contexte, c’est donc plus une logique culturelle que de la simple folie au sens individuel. Même s’il faut être ’fou’ pour tuer quelqu’un, l’effet de groupe lève les barrières morales.

      ’Tu ne tueras point’ est pourtant un commandement fort depuis des millénaires.

      Sic...

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