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BHL : L’Europe en Bosnie, un prolongement du cynisme d’il y a 22 ans

samedi 6 septembre 2014 par Zehra Sikias  |  8 Partagez sur FacebookTwittez cette information

Bernard-Henry Lévy Après Sarajevo, la pièce Hôtel Europe de Bernard Henri Lévy joue à Paris les 9, 10 et 11 septembre prochains. Pour l’occasion, le philosophe français accepté de répondre en toute franchise aux interrogations quant à son engagement pour la Bosnie. « Je ne veux, à aucun prix, recommencer l’erreur de la création de la pièce, le 27 juin, à Sarajevo, où le Théâtre National, pour des raisons qui m’ont complètement échappé, était fermé au grand public et où Jacques Weber a joué, pour l’essentiel, devant des officiels », avoue-t-il. « Tout le monde est le bienvenu ; tous les Bosniens de Paris sont attendus ; et tous les non-Bosniens, quels qu’ils soient, pourvu qu’ils aient la Bosnie au cœur, seront aussi, j’espère, des nôtres ».

BH INFO - Après Sarajevo, la pièce Hôtel Europe démarre à Paris mardi 9 septembre au Théâtre de l’Atelier. On la décrit notamment comme une ode à la Bosnie mais aux yeux des Bosniens de France, c’est un évènement parisien plutôt élitiste. Ont-ils raison ?

Bernard-Henri Lévy : Bien sûr que non ! Et bien sûr que la pièce n’est pas « un événement parisien élitiste » !! C’est une pièce sur la Bosnie. C’est une pièce pour la Bosnie. Et il est évident que les Bosniens en sont, à mes yeux, les tout premiers spectateurs – ce sont ceux, en tout cas, que j’attends avec le plus d’impatience et de joie.

BH INFO - Reste-t-il des places pour la première ?

BHL : Je crois que oui. Pas beaucoup, mais il doit en rester. D’ailleurs je n’ai pas voulu de Première à l’ancienne avec invités, mondanités et grand tralala. J’ai des invités, bien sûr. Des amis et des invités. Mais peu. Ils seront dispersés sur trois jours, les 9, 10 et 11 septembre. Et ils seront, surtout, mêlés au vrai public, celui des amateurs de théâtre qui auront pris leur place. C’est très important pour moi. Je ne veux, à aucun prix, recommencer l’erreur de la création de la pièce, le 27 juin, à Sarajevo, où le Théâtre National, pour des raisons qui m’ont complètement échappé, était fermé au grand public et où Jacques Weber a joué, pour l’essentiel, devant des officiels. Cette fois, à Paris, c’est la décision que nous avons prise, avec Dino Mustafic, le metteur en scène : tout le monde est le bienvenu ; tous les Bosniens de Paris sont attendus ; et tous les non-Bosniens, quels qu’ils soient, pourvu qu’ils aient la Bosnie au cœur, seront aussi, j’espère, des nôtres. J’ai d’ailleurs la ferme intention d’être là, moi-même, tous les soirs ou presque, en tout cas pendant les premières semaines, comme si c’était tous les jours la Générale…



BH INFO - De quoi s’agit-il dans la pièce et pourquoi devrait-on la voir ?

BHL : De quoi s’agit-il ? De la Bosnie. De cette pauvre Bosnie que l’Europe a abandonnée pendant les années de siège. Et de la dette que nous avons contractée et dont nous ne nous sommes, à mes yeux, pas encore acquittés. Pourquoi devrait-on la voir ? Ça, en revanche, je n’en sais rien ! Peut-être parce qu’elle dit, cette pièce, ce que l’Europe doit faire pour réparer. Peut-être parce qu’elle en appelle, avec force, avec rage, à un geste de réparation fort, quoique 20 ans après. Peut-être aussi parce que, dans les vidéos qui défilent, sur le mur, derrière l’acteur, et qui sont censées représenter ce qu’il est en train de trouver dans la navigation internet qu’il mène pendant ses 90 minutes de monologue, vous découvrirez, sur Srebrenica par exemple, des images que vous ne connaissez sans doute pas. Cela dit, ces images sont terribles. Peut-être qu’on n’a pas envie de les voir. Peut-être feront-elles trop mal. Dans ce cas, on ne « doit » pas venir… Surtout pas… Je ne sais pas….

BH INFO - Après 20 ans, la pièce signe votre retour à Sarajevo. Pourquoi avez-vous senti le besoin de revenir ? L’histoire, votre histoire, avec Sarajevo, n’est pas encore finie ?

BHL : Bien entendu. Cette ville fait partie de ma vie. Elle est dans ma tête, dans mon cœur, dans mes tripes. Je crois que, jusqu’à la fin, jusqu’à mon dernier souffle, je la verrai comme une sorte de patrie de cœur, de patrie spirituelle, où, soit dit en passant, je n’ai jamais cessé, depuis 20 ans, de revenir. Alors, après, il y a autre chose. Un événement de cette énormité, un massacre comme celui de Srebrenica, l’existence d’un Prijedor ou d’un Omarska, à la fin du XX° siècle, en Europe, il faut du temps pour que la littérature en prenne acte et s’en empare. Il faut du temps pour que la mémoire se transforme en histoire et l’histoire en une oeuvre d’art. Et, là, pour que tout ce paquet d’expérience, de douleur et d’horreur puisse devenir cette pièce de théâtre, il fallait peut-être vingt ans. Peut-être.

BH INFO - La pièce est une critique adressée à l’Europe…

BHL : Bien sûr. Je n’ai, depuis vingt ans, pas bougé d’un iota sur la question. D’ailleurs regardez ce qui s’est encore passé en juin dernier avec cette histoire de commémoration grotesque du début de la guerre de 1914. J’étais aux premières loges puisque la pièce a été créée là, le 27 juin, en plein dans l’événement. L’Europe, en gros, organise la fiesta. Elle met, comme dit Jacques Weber, à la fin de l’acte 1, « les petits plats dans les grands ». Et à la dernière minute, elle fait quoi ? Elle ne vient pas. Aucun des chefs d’Etat européens ne vient à la fiesta qu’ils ont eux-mêmes organisée. C’est comme si je disais à tous mes copains : « venez on va faire la fête chez Zehra ». Vous, Zehra Sikias, vous vous mettez en quatre pour que la fête soit réussie. Et, à l’arrivée, vous vous retrouvez seule, avec votre réception sur les bras. C’est exactement ce qui s’est passé en juin dernier. Tant de désinvolture a quelque chose d’obscène. C’est l’exact prolongement du cynisme d’il y a vingt-deux ans.



BH INFO - Votre engagement en Bosnie est-il symbolique ou croyez-vous qu’il puisse amorcer des changements, en particulier pour aider la Bosnie d’intégrer l’Union Européenne ?

BHL : Une pièce ne sera jamais qu’une pièce. Et on ne peut pas demander au Théâtre de changer le monde à la place des politiques et des citoyens. Mais enfin… Qui sait… Un texte de théâtre peut au moins poser les bonnes questions et ouvrir les vrais débats – et il peut, s’il fonctionne, forcer les politiques à prendre des décisions qu’ils n’ont pas forcément envie de prendre.

BH INFO - Par exemple ?

BHL : Eh bien justement. L’intégration de la Bosnie à l’Union européenne. Il y a là une sorte de cercle vicieux. D’un côté les Européens qui posent tant de « préconditions » que les Bosniens se disent « à quoi bon déposer notre candidature ». De l’autre les Bosniens qui, en n’ayant toujours pas déposé leur candidature, font que les Européens se disent : « ces Bosniens sont impossibles ; comment envisagerions-nous leur entrée en Europe si eux-mêmes ne le demandent pas ? ». C’est ce cercle que la pièce entend briser. C’est pour ça, en grand partie, que je l’ai écrite.

BH INFO - Vous avez lancé une pétition à Sarajevo ? De quoi s’agit-il ? A combien de signatures est-on aujourd’hui ?

BHL : De ça. De l’entrée de la Bosnie en Europe. L’opération a été lancée à Sarajevo. Mais elle prendra, j’espère, toute son ampleur avec le démarrage de la pièce, ce mardi, à Paris.

BH INFO - Est-ce que dans ce contexte on peut revenir sur la Liste de Sarajevo, lancée en 1994 ? Nous sommes très nombreux, surtout parmi les Bosniens, à se demander pourquoi vous avez décidé de vous retirer ?

BHL : C’est une vieille histoire. J’avais donné ma parole d’honneur. J’avais dit : « j’ai un programme qui tient en dix points, lesquels dix points consistent à imposer Sarajevo au cœur du débat européen ; le jour où les grands partis auront pris nos dix points, le jour où ils les auront fait leurs, le jour où ils auront repris de nos mains le drapeau de la cause bosniaque, ce jour-là nous nous retirerons – nous ne sommes pas des politiciens professionnels, nous sommes là pour servir, non nos carrières, mais la Bosnie, donc nous nous retirerons ». C’est ce qui s’est passé.

BH INFO - Que devient le cercle intellectuel de l’époque, si engagé pour la cause bosnienne ?

BHL - Il est toujours là. Regardez cette aventure de Hôtel Europe. Elle n’aurait pas eu lieu sans quelqu’un que vous connaissez bien et qui est Florence Hartmann. Vingt ans ont passé depuis l’époque où elle couvrait pour Le Monde la guerre d’agression serbe. Eh bien je peux vous dire qu’elle est exactement la même : combativité intacte, convictions inentamées.

BH INFO - Votre film Bosna est l’un des meilleurs films sur la guerre en Bosnie et surtout c’était le premier film qui venait de Sarajevo assiégé, tourné en 1992. Pouvez-vous, ne serait-ce que pour les nouvelles générations, nous décrire un peu les conditions de tournage, votre rencontre avec les défenseurs de la ville ? C’est quelque chose qui vous a beaucoup marqué ainsi que votre carrière… Que reste-il des amitiés que vous avez lié à Sarajevo à l’époque ?

BHL - Je crois être un des premiers étrangers, avec Gilles Hertzog, à être entré dans la ville assiégée, par la route, en mai 1992. L’idée d’un film s’est aussitôt imposée. L’idée de montrer aux Européens que leur fameuse Europe censée empêcher la guerre, leur Europe du prétendu « plus jamais ça », était impuissante à empêcher cet invraisemblable massacre. Un film pour obliger à voir. Un film pour dire la vérité. Et des rencontres bien sûr. Beaucoup de rencontres qui ont marqué mon existence et que vous retrouvez d’ailleurs, presque toutes, dans ce nouveau texte, Hôtel Europe. Le général Divjak par exemple. Ou bien le personnage qui communique avec Jacques Weber à travers la porte fermée de sa chambre de l’Hôtel Europe : il s’appelle Samir dans la pièce ; mais il s’appelle Samir aussi dans la vie ; c’est Samir Landzo ; c’est l’un des premiers défenseurs de la ville ; et c’est aujourd’hui encore l’un de mes plus proches amis.

BH INFO - Ce qui fascine, au-delà de ce qu’on en pense, c’est votre fidélité. Je pense surtout à Alija Izetbegovic qui a été pour vous un héros, tandis que pour bien d’autres, c’était un islamiste. Aujourd’hui encore, vous lui rendez hommage, ce qui est rare pour un intellectuel français.

BHL : Je m’en fous des intellectuels français qui jugent tout depuis leur tour d’ivoire. Je suis fier d’avoir connu Alija. Fier qu’il ait eu un peu d’amitié pour moi. Fier d’avoir conduit la délégation officielle française, au nom du Président Chirac, pour ses funérailles. Et fier que les Bosniens m’aient demandé de venir honorer sa mémoire, l’an dernier, à l’occasion du dixième anniversaire de sa mort. D’ailleurs, dans la pièce, l’évocation de sa mort est, je crois, un vrai moment d’émotion. Quand Jacques Weber dit : « cher Alija avec son visage translucide, déjà passé de l’autre côté, la dernière fois où je lui ai rendu visite, ici, chez lui, à Sarajevo », j’ai, moi, en tout cas, les larmes qui me montent aux yeux. De même que lorsqu’il évoque cette confidence que je l’avais entendu faire, à, la veille de signer les accords de Dayton, à l’ambassadrice américaine Pamela Harriman (dont la pièce, du reste, raconte la mort) : « c’est mieux que rien ; mais c’est si tard ; et vous avez laissé faire tant de morts ; la Bosnie se meurt ; et, si la Bosnie meurt, je ne donne pas cher, non plus, de l’Europe... »

BH INFO - Vingt ans après, on dit que Sarajevo a beaucoup changé. Quelles étaient vos impressions ? Sarajevo d’aujourd’hui vaut-il l’engagement que vous lui vouait en 1992 et pourquoi ?

BHL : Oui. Sarajevo reste Sarajevo. Sarajevo demeure fidèle aux mêmes valeurs de multiticulturalité et de multiconfessionnalité pour lesquels nous nous sommes tant battus. Et c’est la raison pour laquelle je lui consacre, à nouveau, cette ode, ce chant d’amour si vous voulez.

BH INFO - Comment voyez-vous Sarajevo dans 20 ans ?

BHL : En Europe. Puisse Dieu me prêter vie - et vous verrez, oui, que la Bosnie sera dans l’Europe. C’est le programme de Hôtel Europe. Et j’ai bien l’intention, avec d’autres, de réussir.


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Vos réactions

  • From Ronan to Francuz.

    Déjà pour donner une information importante, j’ai fait partie des comités pour la défense d’une Bosnie multiethnique lors des guerres de l’ex-Yougoslavie.
    C’est dans ce cadre là que j’ai démarré ma connaissance de la Yougoslavie.
    J’en avais marre d’avaler des couloeuvres au sujet de l’actualité internationale à travers la propagande de nos médias occidentaux. En particulier au sujet de la première guerre du golfe et des réels enjeux.
    Présenter l’éclatement de la Yougoslavie comme le résultat d’une « guerre civile, interethnique, religieuse », ne collait pas avec la réalité.
    Quand j’emploie le terme de « belligérants » entre guillemet, c’est volontaire car c’était le terme utilisé dans nos médias occidentaux.
    Je veux tout d’abord rappeler que je ne nie en aucun cas les responsabilités internes à l’éclatement de la Yougoslavie et particulièrement les rôles qu’ont joué Milosevic, Jovica Stanisic, Frenki Simatovic, l’ex-JNA, Franjo Tudjman, Gojko Susak....
    Il y a bien eu agression de l’ex-JNA sur les anciennes républiques de Slovénie, Croatie, Bosnie-Herzégovine, Kosovo avec l’aide des para-militaires d’Arkan, de Seselj....
    Cependant cela ne démontre pas que toute la responsabilité interne de l’explosion du pays vienne de l’agresseur, même s’il en porte une grosse responsabilité.
    Comme dans un divorce, il n’y a jamais 100% de torts d’un côté et 0% de l’autre. On peut dire que les torts sont essentiellement du côté de la Serbie qui n’a pas admis de perdre sa domination sur le pays suite aux conséquences de la mise en place de la constitution Kardelj en 1974.
    Tout ceci est bien étudié par l’ensemble de la littérature qui s’est penchée sur l’explosion de la Yougoslavie et en particulier par le livre de Renéo Lukic que j’ai cité dans ma première intervention.
    Par contre c’est la lecture du livre de Daniele Ganser : « Les armées secrètes de l’OTAN : les réseaux stay-behind », qui m’a mis la puce à l’oreille.
    Le rôle joué par l’OTAN depuis sa création en 1949 sur les politiques de défense et étrangère en Europe de l’ouest n’est plus à démontrer.
    C’est ce qui se passe actuellement en Ukraine qui le confirme une fois de plus.L’Allemagne jouant encore un rôle clé pour l’OTAN dans cette situation sous la pression US.
    Rappelons que le SACEUR est toujours, depuis 1949, un général américain : actuellement le général Phillip Breedlove. Wesley Clark bien connu dans son rôle en BiH et au Kosovo, le fût au début des années 2000.
    Pour vous donner des éléments d’étude sur le rôle de l’OTAN en Europe depuis sa création en 1949, allez sur le site de l’OTAN lui-même et sur le site : « NATO declassified, les coulisses de l’OTAN ». Vous pourrez y étudier le document PDF déclassifié : DC 13 du 28 mars 1950.
    Ensuite sur le site RIA Novosti, vous accéderez au document de l’entrée des pays européens dans l’alliance.
    Vous verrez que le pays qui devait être verrouillé pour protéger l’Italie à la chute du bloc soviétique était bien la Yougoslavie car la Turquie et la Grèce étaient membres de l’alliance depuis le début des années 1950.
    La Yougoslavie a servi pour le bloc occidental de mirador de surveillance du bloc soviétique lors de la guerre froide.
    A la chute du bloc soviétique et par voie de conséquence à celle du pacte de Varsovie, l’OTAN savait qu’elle disposait d’un temps de répit avant que la Russie puisse revenir dans la « cour des grands ».
    Par contre elle ne connaissait pas le temps dont elle disposait.
    Comme la Serbie s’opposait à l’entrée dans l’OTAN, tandis que la Slovénie et la Croatie voulait y entrer, il fallait faire exploser le pays tout en masquant les vrais raisons en centrant dans les médias sur la responsabilité unique de la LCS et de Milosevic causant la désintégration du pays.
    C’est un vrai false-flag !
    Revenons sur le rôle des casques bleus. Leur mandat de « neutralité » a, au cours de la guerre en Croatie (les premiers contingents sont arrivés en janvier 1992) et de la guerre en BiH favorisé le plus fort et par voie de conséquence conforté les conquêtes du camp : association ex-JNA et paramilitaires serbes.
    La vidéo de Peter Kosminsky : « Warriors, l’impossible mission » l’évoque parfaitement.
    Cependant comme vous l’avez évoqué, à travers le territoire croate et grâce au HDZ, des afghans (combattants du Maghreb et du Moyen-Orient) qui s’étaient battus contre l’armée rouge en Afghanistan) furent convoyés grâce à la CIA et le HVO sur les lignes de fronts face à la VRS.
    Cela posa de nombreux problèmes à l’Armija et aussi au HVO car ces combattants ne recevaient pas d’ordre de Rasim Delic le commandant en chef de l’Armija.
    Ils n’étaient redevables que devant Alija Izetbegovic et l’administration US.
    C’est Semsudin Muminovic qui en parle très bien.
    D’autre part, comme les USA et les autres pays européens avaient signé l’embargo sur les armes à l’ONU en septembre 1991, l’administration Clinton le détourna grâce à la P.M.C américaine : M.P.R.I. Celle-ci signa un contrat de vente d’armes et de formation avec Gojko Susak à l’ambassade de Croatie à Washington. C’est sans doute cette PMC qui est le vrai cerveau des opérations éclair et Oluja de mai et août 1995 du côté HVO.
    Donc tous les pays ou presque, qui avaient voté l’embargo sur les armes à destination de l’ex-Yougoslavie, le détournèrent sans scrupules.
    C’est l’objet de l’étude très détaillée de 2 journalistes slovènes menacés de mort aujourd’hui.
    Venons en à BHL.
    Cet homme a une face cachée derrière sa prestance médiatique.
    Il joue un rôle de déstabilisation que nous avons pu voir en Libye, en Syrie, en Ukraine....
    Pour qui travaille-t-il réellement ?....
    Il était en lien très étroit avec Alija Izetbegovic durant la guerre de Bosnie. Il a voulu nous la présenter comme la guerre d’Espagne : la Bosnie étant selon lui l’équivalent du camp républicain. La BiH de cette époque n’avait plus rien de socialiste, même si elle gardait plus ou moins, malgré l’agression de la VRS et des HVO/HOS, un côté multi-ethnique.
    Jovan Divjak fût limogé de son poste de second en chef de l’Armija et de responsable de la défense de Sarajevo en 1994 sans doute sur ordre du président bosniaque. C’est à cette époque qu’il a créé son association : « L’éducation reconstruit la Bosnie-Herzégovine ».
    Pourtant les habitants de Sarajevo doivent beaucoup à cet homme et le lui rendent bien. Ils se sont beaucoup mobilisés lors de son inculpation arbitraire en Autriche en 2011 sous la pression d’Interpol et surtout d’un tribunal militaire serbe.
    Cet homme est réellement un des héros de l’Armija et de la BiH.
    BHL n’est quant à lui qu’un m’as-tu-vu qui trouve toujours à un moment ou un autre, le moyen de faire parler de lui.
    Dovidjenja.

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  • Dommage que la pièce ne dure que 3 jours. Trop loin depuis Genève parce que trop court en date.
    Aurons-nous la possibilité de la voir d’une autre façon ?
    Merci d’avance de votre réponse.

    Claude Sumi

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  • From Ronan.

    Jovan Divjak sera sans doute parmi les spectateurs, lui qui aime tant le théâtre.
    Si son « agenda de ministre » le lui permet.
    Par contre, contrairement à ce que dit BHL, l’Europe ne s’est jamais désintéressée des Balkans et de la BiH en particulier.
    L’Europe n’est elle-même pas indépendante des USA et de l’OTAN en matière de politique étrangère et de défense commune.
    C’est ce qui apparaît très concrètement dans le film très passionnant de Gilles Hertzog et Yves Billy : « Srebrenica, une chute sur ordonnance ».
    La Croatie et la BiH ont été sacrifiées sur l’autel des relations franco-allemandes.
    Mais le « dernier étage de la fusée », n’était pas à Sarajevo, Zagreb ou Belgrade mais à Paris, Londres, Berlin et plus encore à Washington et au siège de l’OTAN à Mons en Belgique.
    Bien entendu l’Europe ne peut pas avouer officiellement que sa politique étrangère et sa défense sont pilotées par l’OTAN.
    Mais c’est pourtant la réalité. Le SACEUR est le vrai patron de la politique étrangère et de défense européennes.
    Le livre de Daniele Ganser : « Les armées secrètes de l’OTAN » paru aux éditions demi-lune en 2007 confirme les propos tenus par Guillio Andreotti en octobre 1990 devant les parlementaires italiens.
    L’ouverture des archives de la STASI en ex-RDA a confirmé que le contre espionnage de ce pays connaissait la présence des réseaux stay-behind.
    L’Europe s’est contentée en BiH et en Croatie de contenir ces deux conflits au territoire de l’ex-Yougoslavie, ce qui explique la nature du mandat des casques bleus, sans prendre partie directement pour un des trois camps.
    Ceci afin de réserver la priorité aux relations franco-allemandes primordiales dans le maintient de la cohésion européenne.
    Les services secrets allemands ont poussé dès la constitution de 1974, la pierre d’achoppement entre la Croatie, la Slovénie et la Serbie, à l’indépendance de la Slovénie et de la Croatie. Le discours de Tito en juillet 1971 évoquait déjà la présence d’une puissance étrangère derrière le printemps croate.
    D’autre part l’OTAN, n’a montré que sa phase « pompier » en Croatie et en BiH, alors que sa phase pyromane est restée dans l’ombre.
    Nous savons aujourd’hui qu’un vaste trafic d’armes dans l’ex-Yougoslavie a eu lieu. Ce sont surtout deux journalistes slovènes qui l’ont bien montré.
    la plupart des pays qui avaient voté l’embargo sur les armes à l’ONU en septembre 1991, ont vendu des armes sous le manteau.
    Le président slovène, son premier ministre ou son ministre de l’intérieur ainsi que le patron de Scorpion international : Constentin Dafermos fûrent au coeur du trafic.
    La France, l’Allemagne, la Russie, les USA, la Pologne, la Bulgarie, l’Ukraine, la Hongrie..... ont vendu des armes aux « belligérants ».
    Tout cela BHL le sait tout aussi bien que moi. Florence Hartmann aussi le sait mais beaucoup de « spécialistes » des guerres des Balkans de 1991 à 2001 préfèrent arrêter les responsabilités aux acteurs internes.
    Pour quelle raison ?....
    Toute personne qui s’est un tant soit peu intéressée de près à ces conflits sait qu’ils étaient pilotés. Jovica Stanisic et Frenki Simatovic sont bien passés au TPIY. Hors Jovica Stanisic travaillait bien pour la CIA qui a fournit au TPIY des éléments à décharge lors de son procès.
    Quant au rôle joué par MPRI, cette PMC américaine qui est sans doute le véritable cerveau des opérations tempête et Oluja de mai et août 1995 dirigées sur le terrain par Ante Gotovina, un ami des services secrets français, je renvoie à l’excellent ouvrage de Renéo Lukic : « L’Agonie Yougoslave, 1986-2003 » paru aux éditions Laval de Québec.
    Nous voyons bien que l’Europe et les USA ne se sont jamais désintéressés des Balkans. Bien au contraire. Ils n’ont pas cependant joué la partition que BHL désirait.
    Depuis, il s’est rattrapé en Libye, en Syrie (partiellement) et en Ukraine.
    D’ailleurs BHL ne nous parle plus de la Libye et y faire un petit séjour actuellement lui montrerait les résultats de l’intervention de l’OTAN.
    Peut-être que ces petits copains Libyens lui ouvriraient l’aéroport de Tripoli rien que pour lui ?
    Dovidjenja.

    • Désolé, oubli, je parlais de la pièce avec Jacques Weber « Hôtel Europe ».
      Claude Sumi

    • ’’D’ailleurs BHL ne nous parle plus de la Libye et y faire un petit séjour actuellement lui montrerait les résultats de l’intervention de l’OTAN. ’’
      Il n’en a plus rien à faire des Libyens. Maintenant il en Ukraine à reprendre le slogan des banderistes’’Gloire à l’Ukraine’’.

      http://olivierpechter.wordpress.com/2014/02/19/bhl-na-pas-vu-lextreme-droite-ukrainienne-mais-fait-sien-leur-slogan/

      Je plains sincèrement les Bosniens d’être défendus par une telle personne.
      La culture bosnienne (Andric/ Selimovic/ Aleks Santic etc...) mérite mieux que cet imposteur m’as-tu vu irrespectueux et irresponsable.

    • Bonjour,

      Je n’ai ni lu cet article (pas encore abonné) et ses questions/réponses ni regardé le documentaire conseillé par monsieur Ronan. Cependant j’ai une question (s) pour ce dernier.

      Par ailleurs, je vous remercie d’avance pour votre commentaire très instructif et me semble-t-il assez vrai, réaliste de certains des faits « cachés » ou moins connus de ce ou ces conflits. Avis totalement subjectif que je partage en grande partie, mais…

      Je ne prétends pas mieux savoir ou connaître toutes les choses énumérés ni avoir un avis plus tranché et direct sur le côté pyromane de l’Otan et des ses supporters, mais ce que je connais bien par mes yeux c’est la folie qui s’est emparé et ré-emparé de toute une partie de la population serbo-orthodoxe essentiellement, quoique vous en pensiez ===) « belligérants » terme employé pour renvoyer dos à dos les bourreaux et criminels de masse ayant pour chefs, des politiciens qui ont depuis des décennies un plan d’état bien précis qui est sans cesse rafistolé pour coller à la réalité du moment et des victimes parmi lesquelles se trouva ça et là quelques mafieux locaux et opportunistes. Encore aujourd’hui.

      D’un côté un crime de masse supervisé par le haut et sans cesse réécrit, auquel participa et participe encore la majorité des plus hautes sphères de l’Etat serbe et par la suite également Tudzman et sa clique avec Gojko Susak qui suivit le même plan que les premiers même si décidé avant que le conflit n’éclate, et de l’autre des « pommés politiques » bosniaques entourés de bandits locaux qui n’ont même pas de plans politiques pour leur propre peuple, alors un plan qui irait contre d’autres, encore moins. Ils ont comme seul plan, le pillage du pays main dans la main avec les mafieux locaux et pour une grande part ils sympathisent avec ceux d’en face, les bourreaux d’hier. Leur propre bourreaux.

      Voilà, à quoi renvoi ce mot de « belligérants ». Le résistant français et tout aussi coupable que le nazi.

      Une armée qui dispose de plus de 500 chars, hélicoptères et d’artillerie lourde est comparée par le terme de « belligérants » à des défenseurs qui ne disposaient au commencement que d’un char et de quelques hélicoptères civils…ça en dit long sur l’objectif de la propagande, consciente ou inconsciente en utilisant ce mot ; précisément.

      Les Bosniaques ne sont pas des anges, mais c’est le seul peuple qui ne possèdent ni ne suit un plan politique précis semblable à l’oustachisme croate, au tchetnisme serbo-monténégrin ou semblable à l’idée de « grande-Albanie ». Que l’on soit d’accord ou pas, il n’y a pas de textes, documents, idées, rien.

      bref…j’ai l’impression que vous êtes convaincus (ou presque ?) que tout est affaire de complot extérieur et que sans cet aspect et cette influence extérieur, il n’y aurait rien eu dans ce « bordel yougoslave » ? Peut-être j’exagère un peu…mais vous écrivez :

      - « L’Europe s’est contentée en BiH et en Croatie de contenir ces deux conflits au territoire de l’ex-Yougoslavie, ce qui explique la nature du mandat des casques bleus, sans prendre partie directement pour un des trois camps. »

      Les casques bleus ont pris partie dans nombres d’endroits qui étaient stratégiques et qui devaient concorder avec le plan « grand-serbe » et que l’Europe à soutenu de tout cœur, surtout concernant la question bosniaque.

      Je conseille ce livre : « Nuits serbes et Brouillards occidentaux » de Jean Frankan Narodetzki.

      Ceux-ci n’est qu’un petit fragment de la « neutralité » des casques bleus.

      Les casques bleus russes ont étés aperçus à plusieurs reprises avec les miliciens serbes patrouillant dans leurs jeeps dans les alentours de la ville de Prijedor juste avant et également après la prise de la ville par le putsch de ces même miliciens secondé par les extrémistes venus de Serbie, le tout coordonné par la JNA (armée fédérale). Ils avaient perdus les élections…a Gorazde, d’où provenaient des munitions de fabrication anglaise que les serbes tiraient sur l’autre camp ?

      Comment se fait-il que les Hollandais dans une vidéo sur youtube dansent en groupe après un tel massacre ? Puis les viols de certains hauts-gradés ? Il faut savoir que tout cela n’est même pas étonnant ; il suffit de voir qu’un grand nombre de gradés français par exemple étaient des anciens de l’Algérie ou de l’Indochine, qui se sont complus dans la revanche face au « bouchniouks ». Le climat actuel n’y aidant pas, du tout.

      - « Justice et verite pour la bosnie-herzegovine » Andrée Michel (sociologue), tout y est analysé.

      Les russes, français et britanniques étaient postés souvent là où l’armée bosniaque était susceptible de renverser la situation et/ou de perturber les plans que les uns et les autres avaient mis au point pour partager et anéantir un pays. « Geler la situation, la partition ».

      S’il y a eu divergence entre certains, principalement entre les russes, français, anglais et allemands…etc, sur la question croate, concernant la question bosniaque et la présence de l’islam au sein de ceux-ci, leur entente étaient plus que clair.

      La Bosnie fut bouclée et cernée de toute part, il était difficile d’y rentrer, voir impossible. Les Bosniaques étant de « petits » (concernant leur pratique) musulmans, sous-équipés et sans soutien extérieur, ils n’ « avaient » d’autres solutions que de laisser une poignée de « barbus » (300 à 600) leur venir en aide, aussi petite soit leur aide ou pas.

      S’ils ont pu rentrer sur le territoire, ce n’est que grâce au gouvernement croate et les occidentaux, qui savaient que de tels hommes pourraient avec leurs seules présence ternir l’image des bosniaques et ceux partisans d’un pays uni dans sa diversité et de leur cause sans pouvoir leur être décisif sur le plan militaire. D’ailleurs, ce que l’Occident et l’Europe particulièrement aurait dû faire pour faire honneur à ce qu’elle défend comme valeurs par la parole et très rarement par les actes sauf quand il s’agit de leur propres intérêts, c’était la fourniture d’un peu d’artillerie lourde ou le déblocage de l’embargo qui handicapa personne, sauf les plus faibles militairement.

      Là aussi, personne n’était neutre.

      La Bosnie, n’est ni la Croatie, ni le Kosovo ni aucun autre pays de la région, c’est un problème bien plus complexe, et le comparer à d’autres pays de la région c’est faire fausse route et ne pas comprendre le monde dans sa globalité. La Bosnie se pense et s’analyse globalement et ne peut se comprendre que comme telle. Selon moi.

      Quelqu’un disait : « Contrôler la Bosnie, c’est contrôler les Balkans ». 19 ème siècle.

      Ce qui est d’un côté paradoxale, car que l’on aille d’est en ouest ou du nord au sud les principales routes et voies commerciales passent par la Dalmatie (Croatie) et Serbie, donc on contourne ce territoire naturellement enclavé.

      Un pays en lui-même paradoxale et contradictoire. On le contourne mais il reste d’une importance stratégique capitale.

      - « Les services secrets allemands ont poussé dès la constitution de 1974, la pierre d’achoppement entre la Croatie, la Slovénie et la Serbie, à l’indépendance de la Slovénie et de la Croatie. Le discours de Tito en juillet 1971 évoquait déjà la présence d’une puissance étrangère derrière le printemps croate. »

      Quand je lis cela, tout de suite je suis amené à croire que la dislocation du pays vient de l’extérieur, d’un complot.

      Je crois à cette version des pattes allemandes et occidentales dans les pieds de la Yougoslavie et encore plus parmi les yougonostalgiques et autres serbes qui ne veulent pas admettre leur démagogie par les documents dont personne ne parle, surtout pas en France, alors que c’est avec eux que tout peut se comprendre et pas autrement :

      - « Le nettoyage ethnique, documents historiques sur une idéologie serbe » Mirko Grmek, Mark Gjidara, Neven Simac.

      Les textes et documents présents dans ce livre sont bien plus vieux qu’on ne le pense. Les Allemands ne sont pas devenus des nazis un jour, tout comme les serbes (en majorité) en 92 n’ont pas embrassés la folie meurtrière sans une certaine éducation de la haine présente avant le 1er conflit mondial et qui trouve ses fondements dans les guerres de libérations de l’Empire Ottoman.

      Vous dîtes, également : « Tout cela BHL le sait tout aussi bien que moi. Florence Hartmann aussi le sait mais beaucoup de « spécialistes » des guerres des Balkans de 1991 à 2001 préfèrent arrêter les responsabilités aux acteurs internes. »

      Mais s’il ne faut pas arrêter les responsabilités aux acteurs internes, il faut également faire attention de ne pas regarder et analyser ce problème en prenant en compte que les acteurs externes ; autant ceux-ci furent pyromanes mais PERSONNE N’EST VENU DE L’EXTERIEUR FORCE NOS BOURREAUX A TUER DES CIVILS EN MASSE.

      Ce n’est quand même pas l’Occident qui a inventé la scission entre les chiites et les sunnites dans le monde musulman, par exemple, et les obligent à s’entre-tuer, même si leur responsabilités doit être prise en compte par le faîte de jeter de l’huile sur le feu pour mieux exploiter par le chaos les richesses des uns et des autres. Bien plus complexe me semble-t-il, est tout ça.

      Je vous rejoints quand au livre de Renéo Lukic : « « L’Agonie Yougoslave, 1986-2003 ».

      La question qui m’intrigue le plus est celle-ci et fait référence à votre affirmation concernant BHL :

      « Ils n’ont pas cependant joué la partition que BHL désirait. »

      Je serai curieux de connaitre votre réponse, car j’ai un avis sur le personnage sans avoir, comme dit plus haut, un avis bien tranché sur lui, aussi…Quelle partition selon BHL ?

      Merci, d’avance.

      Dovidjenja.

    • From Ronan to "10 septembre 13:08

      En effet BHL n’a plus rien à faire des Libyens et il est en effet allé en mission pour son patron participer à la déstabilisation de l’Ukraine.
      Soutenir les « démocrates » de Svoboda et Pravy Sektor, nostalgiques de Stepan Bandera, pro-nazi ukrainien de la 2è guerre mondiale, qui ont défilé aux flambeaux dans la nuit de la St Sylvestre sur la place Maïdan à Kiev.
      Il a été le seul à ne pas les voir.
      D’ailleurs il n’a pas vu non plus que ce sont ces « démocrates » qui ont organisé avec les autorités locales de la police, le massacre de la maison des syndicats d’Odessa le 2 mai dernier.
      Certains ont une mémoire à géométrie variable, lui c’est plutôt la vue qui est à géométrie variable !!!
      Dovidjenja.

    • Bonjour
      Votre message est très intéressant. Néammoins il faut prendre avec prudence le livre « Le nettoyage ethnique, documents historiques sur une idéologie serbe » qui est vraiment exclusivement à charge et dont les auteurs prétendent par exemple trouver dans ’’La guirlande des montagnes’’ du Prince Njegos une preuve de la haine ethnique séculaire des serbes. Que je sache beaucoup d’ex-yougoslaves lisent encore ce livre avec plaisir. Et d’ailleurs ils ne sont pas tous serbes ...J’ajoute que chez les Croates éclairés nombreux sont les yougo-nostalgiques.Et chez les Bosniaques aussi...
      Comparer le nazisme allemand au nationalisme serbe c’est faire fausse route même si on peut y trouver des points communs. Mais ce qu’on peut rappeler c’est qu’en 1939 un Juif ne vendait pas ses bouquins ouvertement à quelques pas du Reichtag à Berlin comme le faisaient certains Albanais rue Knjez Mihailova alors que la Serbie était en guerre et bombardée.
      Le nazisme allemand est en rapport avec la structure de la société allemande autoritaire et inégalitaire ce qui la rend très efficace dans de nombreux domaines même les pires.
      Je ne dis pas qu’un nationaliste serbe vaut mieux. La structure autoritaire de la société serbe l’a aussi conduit à suivre Milosevic aveuglement. J’avoue que les propos de certains quand on traverse la RS sont particulièrement pénibles et déprimants. C’est une sorte de paranoia délirante et aveuglante aux conséquences désastreuses(qui même si elle n’est pas défendable peut s’expliquer par la l’histoire difficile des serbes dans le passé) mais qui n’est pas irrémédiable. En discutant on a parfois de réelles surprises sur la pureté de l’engagement nationaliste . Après au-dessus il y a les politiques qui ont des arrières-pensées et qui savent manipuler les gens designer l’ennemi et tourner leurs vestes en fonction de leurs intérêts (Vucic en est un exemple mais Dodik dans son hélicoptère est une autre version de faux-cul de première classe). Ce qui est vraiment curieux dans le livre que vous évoquez c’est qu’il y a un encart de Finkielkrault qui partage avec les nationalistes serbes la même peur panique de l’Islam.

      Enfin sur les chiite-sunnite je n’y connais pas grand chose mais ce que vous dîtes m’étonne. On peut quand même imaginer que l’intervention des USA en Irak avec comme comme conséquences la destruction du pays (institutions/ education/police),les centaines de milliers de morts, instrumentalisation des Chiites via la constitution d’un pouvoir exclusivement chiite et corrompu,ainsi que la torture généralisée n’ont pas contribué à ce que chaque Irakien décide de se réfugier dans la non violence et l’amour de son prochain (surtout s’il est différent).
      C’est étonnant comme nous Français donnons des leçons de tolérance et de vivre ensemble à des peuples qui vivent dans des conditions abominables et à des gens qui cherchent parfois juste à sauver leur peau. Les différentes scènes auxquels on peut assister en cas d’imprévu dans les transports publics devraient nous inciter à la modestie.

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