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Aux portes de l’inaccessible

vendredi 2 novembre 2012 par BH Info   Partagez sur FacebookTwittez cette information

Livre de poèmes de Tomislav Dretar... Poèmes d’amour humain, poèmes d’amour mystique… Poèmes, aussi, du pressentiment de l’exil ! À chacun de les accueillir selon sa propre sensibilité !

Aux portes de l’inaccessible

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Livre de poèmes de Tomislav Dretar

Prix : 14,00 EUR

(Frais d’envoi inclus)

Editons M.E.O.

Poèmes (bilingue FR-HR), 2009

Aux Portes de l’Inaccessible – Na Vratima Nedostupnog

Traduit du croate par l’auteur et Gérard Adam

En couverture : « Matin dans la ville », tableau de Monique Thomassettie, 1992

Nombre de pages : 104

ISBN : 978-2-930333-26-7

Livre

Publiés en Bosnie-Herzégovine avant la guerre et disparus dans la tourmente, ces textes reparaissent ici dans une version bilingue français – croate. Poèmes d’amour humain, poèmes d’amour mystique… Poèmes, aussi, du pressentiment de l’exil ! À chacun de les accueillir selon sa propre sensibilité !

Extrait

En un instant nous aussi prenons feu

Devant le rêve, quand s’effondre la barrière,
Que l’on piétine la fleur sur le sentier,
Vient à l’improviste, ainsi
Que l’ivresse, la sobriété.
Après un bref éclair à nouveau
L’obscurité couvre le monde,
Quand après tous les orages
Tombent dans le cœur le silence et le vers.
En un instant nous aussi prenons feu,
Tonnerre dans les branches de genévrier,
Tandis qu’en notre corps nu,
Dans la blessure qui point au printemps,
Devant la plainte couvant sous la cendre,
Ripaille, puissante, la cohorte des sens.

I mi na čas planemo

Pred snom kad ruši se ograda,
Cvijet kad se gazi na stazi,
Triježnjenje iznenada,
Kao i opijenost dolazi.
Nakon kratkog blijeska opet,
Obvije tmina svijet,
Kad poslije oluja svih,
U srce padnu i muk i stih.
I mi na čas planemo snagom,
Groma u smrčinom granju,
Dok u našem tijelu nagom,
Proljetnoj rani u svitanju,
Pred tužbama pepela skrita,
Banči moćnih čula svita.

Ce qu’ils en ont dit

Il y a dans ce recueil de poèmes, une énergie créatrice et une générosité lexicale qui interpellent. Par ailleurs, l’excellente traduction du croate en français par l’auteur et Gérard Adam révèle plus précisément une exigence formelle et une inventivité intéressantes. C’est peu dire que la traduction masque trop souvent encore cela même qu’elle entend révéler... Il convient donc de saluer la réussite d’un tel travail de conversion poétique. Si l’emploi du terme propre - ou celui d’un mot porteur de sens - achemine le lecteur vers un cadre linguistique pertinent, la métaphore filée, l’anaphore, la personnification, culminent parmi les procédés le plus souvent utilisés.
Au seuil de la souffrance, historiquement présente, le sentiment d’abandon se retrouve à peu près dans chaque texte. Abandon, perçu dans sa double valeur sémantique, et qui suggère tantôt le renoncement (à soi et aux éléments), tantôt la rupture. Un violent sentiment d’incomplétude alimente une poésie par ailleurs investie par le sentiment amoureux. Le poète procède par ajouts ; il progresse dans son intention de ne rien laisser au doute, de ne jamais céder à la confusion. Autant de greffons qui s’articulent sur une charnière robuste et explicite : « Ainsi nous sommes un. Dans le courant. Dans la même direction. Dans la profondeur. »
À d’autres moments, Tomislav Dretar privilégie le mètre court, le vers disloqué, sans doute pour provoquer l’effet de surprise ou d’aliénation : « La glace est là / Où tu t’en es /Allé, / Suivant la lumière / Toi, l’audacieux iris. » On se réjouira de la qualité des chutes qui identifient le poème tout entier. Ainsi : « Là-haut, / Par-dessus le glacier / De mon âme, / Passe l’ombre / D’une rose. » Ainsi : « Soleil rond et doux, et chaude, chaude aurore. »
Une lecture complice et fraternelle.
Michel Joiret, Le Non-Dit.

L’auteur


Né à Nova Gradiška (Croatie) en 1945, Tomislav Dretar a vécu la plus grande partie de sa vie en Bosnie-Herzégovine. Titulaire d’un diplôme de la Faculté pédagogique de Rijeka et d’un troisième cycle à l’Université de Sarajevo, il a été professeur à l’Université de Bihać jusqu’à l’éclatement de la guerre en 1992.
Poète et critique, il avait publié une dizaine de recueils, dont des extraits figurent dans plusieurs anthologies bosniennes, ainsi que de nombreux articles en journaux et revues.
Au début de la guerre, il joue un rôle dans la défense de l’enclave de Bihać. Menacé d’assassinat pour avoir refusé la rupture de l’alliance croato-bosniaque, il parvient à fuir l’enclave, à traverser clandestinement la Croatie et à obtenir l’asile politique en Belgique. Naturalisé belge, il accepte un travail de jardinier, puis de laborantin à l’Université Catholique de Louvain-la-Neuve, ce qui ne l’empêche pas d’étudier le français et de traduire en croate un recueil de poèmes de Monique Thomassettie, un récit de François Emmanuel et des nouvelles de Michel Lambert. Il a également traduit des textes de Charles Baudelaire, Georges Perec, Jean Cayrol, Xavier Deutsh, William Cliff, Paul Celan, Marc Quaghebeur, Carl Guesmer… Il a enfin traduit (à partir du français) la Bible (version œcuménique) et le Coran, publiés sur le net.
Il collabore avec Gérard Adam à la traduction en français d’auteurs croates et bosniens (Admiral Mahić, Dražen Katunarić, Karmen Media, Lana Derkač, Žarko Milenić…) et travaille actuellement à une « Anthologie du Sublimisme bosnien, croate et serbe, qui paraîtra en 2013 aux éditions M.E.O.
Parallèlement, il continue d’écrire, et tente de reconstituer son œuvre disparue durant la guerre, à partir d’exemplaires conservés dans les bibliothèques. Un ouvrage a déjà paru : “Douleur, rhapsodie tsigane”, Cholé des Lys, Barry, 2007 “Aux Portes de l’Inaccessible” poursuit cette démarche.

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