Bosnie Herzegovine

Toute l'actualité sur la Bosnie-Herzégovine

MARCHE

PPAM : un secteur d’avenir

mercredi 7 avril 2010 par BH Info - 0

La biodiversité mérite d’être plus mise en valeur. Ce trésor rare offre de belles perspectives de développement dans l’exploitation de plantes à parfum, médicinales et aromatiques. GALERIE PHOTO

Enjeu important pour l’économie bosnienne, l’agriculture tarde à reprendre une activité normale depuis la fin de la guerre. En cause notamment la production insuffisante et une faible compétitivité. Et pourtant, les atouts de ce secteur stratégique sont indéniables d’autant plus que la BH est désormais signataire de l’accord régional de libre échange CEFTA2, de l’accord de Stabilisation et d’Association avec l’UE (ASA) et qu’elle projette aussi d’adhérer à l’OMC.

Quelques chiffres éloquents. Comme l’indique la Mission Économique de l’Ambassade de France en BH dans un de ses rapports, l’agriculture représente 8,7 % du PIB de la BH, de l’ordre de 10,1 Mds€. Environ 50 % de la population vit de l’agriculture et 61 % réside en zone rurale. Les terres arables représentent 20 % de la superficie du pays et 47 % de ces terres ne sont pas exploitées. Environ 80 % des exploitations ont moins de 5 ha et 50 % moins de 2 ha. De plus, elles sont souvent divisées en plus petites parcelles ce qui rend quasiment impossible toute mécanisation et amélioration de la rentabilité. Au final, seulement 20 % des terrains agricoles peuvent se prêter à la culture.

Sur le plan de la commercialisation, les chiffres sont déplorables. Les produits agroalimentaires représentent seulement 5 % des exportations et 17 % des importations. Le taux de couverture est de 25 %, c’est clairement le secteur qui contribue le plus au déficit commercial de la Bosnie-Herzégovine.

Un paradis de plantes sauvages et espèces endémique

Des perspectives existent néanmoins et certains atouts peuvent être mis à profit. La faible utilisation de fertilisants et de pesticides permettrait à la BH de jouer la carte de l’agriculture biologique et du développement durable, très en vogue depuis plusieurs années.

Par ailleurs, le pays dispose d’un certain nombre de ressources naturelles qui peuvent être davantage mises en valeur. Son exceptionnelle biodiversité, très bien préservée et parmi les plus riches d’Europe, en fait partie permettant la récolte et l’exploitation de plantes médicinales et aromatiques. Une activité qui annonce de bonnes perspectives de développement.

On estime par exemple à 3.572 le nombre d’espèces d’herbes sauvages, dont près de 500 sont des plantes endémiques, et de 3.000 à 5.000 le nombre d’espèces de champignons en Bosnie-Herzégovine. On trouve encore pas moins de 74% des espèces de champignons figurant sur la Liste Rouge de l’Union Internationale pour la Conservation de la Nature dans les écosystèmes forestières en BH. Par ailleurs, le pays dispose du plus grand nombre de plantes menacées de disparition qu’aucun autre pays européen.

En Bosnie-Herzégovine, la récolte des plantes est une longue tradition datant du 13e siècle et un vrai savoir-faire local existe dans ce domaine. On utilise ici les plantes aromatiques et médicinales en premier lieu dans la médecine traditionnelle locale. Quelques 100.000 familles bosniennes pratiquent à l’heure actuelle la récolte de plantes sauvages.

Trois quarts du potentiel du marché sont encore à prendre

Et pourtant, ce secteur en devenir si prometteur, reste encore peu connu par les investisseurs étrangers. Ce sont principalement les compagnies d’État et de petites compagnies privées qui investissent le secteur avec une cinquantaine d’opérateurs au total, pour la plupart spécialisés dans le collecte et la commercialisation de plantes sauvages. Beaucoup d’entre elles travaillent aussi avec les fruits rouges, notamment les fraises de bois, et les champignons. D’autres en revanche sont plus impliqués dans la culture de ces plantes en BH, camomille et menthe surtout, et disposent soit de leurs propres exploitations soit ils s’appuient sur le réseau d’exploitants locaux et signent des contrats annuels de production.

Enfin, une bonne partie des entreprises, au nombre de quelque 250 de petite et de moyenne taille, selon un rapport de SIPPO (Swiss Import Promotion Programme), s’est lancée dans le secteur de la fabrication des produits à valeur ajoutée à base des plantes sauvages : huiles essentielles, tisanes, épices, produits à diverses applications médicinales et cosmétiques.

Une étude de l’UE datant de 2002 estime le potentiel du marché des Plantes à Parfum, Aromatiques et Médicinales en BH à 100 M€ par an mais seulement un quart à peine de ce potentiel est exploité actuellement. De quoi donner des idées aux nouveaux investisseurs francophones, nettement moins présents par rapport à leurs concurrents italiens, allemands, suisses, autrichiens et slovènes !

Z.S.

1 2 3

Les champs de Maticaria

Répondre à cet article

modération à priori

Ce forum est modéré à priori : votre contribution n'apparaîtra qu'après avoir été validée par un administrateur du site.

Un message, un commentaire ?
  • (Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.)

Lien hypertexte (optionnel)

(Si votre message se réfère à un article publié sur le Web, ou à une page fournissant plus d'informations, vous pouvez indiquer ci-après le titre de la page et son adresse.)

Qui êtes-vous ? (optionnel)

Dernière mise à jour :
28 mai 2012

AGENDA

Invest in Bosnia
Inscrivez-vous

POINT DE VUE

On a aussi voté en Serbie

Il y a aussi eu, le 6 mai, des élections en Serbie, regroupant le même jour celles concernant le Président de la République, l’Assemblée nationale et les municipalités. Boris Tadic, Président sortant (...)