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Florence Hartmann

Florence Hartmann est une journaliste et auteur française. Elle a travaillé pendant onze ans au journal Le Monde, couvrant notamment les conflits en ex-Yougoslavie. En 1999, elle a publié « Milosevic, la diagonale du fou ». De 2000 à 2006, elle fut la porte-parole et la conseillère Balkans du procureur du Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie (TPIY) Carla Del Ponte. De 2000 à 2003, elle fut également la porte-parole du parquet du Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR). Elle a publié, en septembre 2007, Paix et châtiment, Les guerres secrètes de la politique et de la justice internationales« , un ouvrage qui raconte le fonctionnement du Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie. Le 27 août 2008, elle a été inculpée par le TPIY pour « divulgation d'informations concernant des décisions confidentielles du TPIY ». Ces décisions portaient sur un accord entre le TPIY et la Serbie visant à cacher des preuves cruciales de l’implication de la Serbie dans le massacre de Srebrenica afin d’éviter une éventuelle condamnation de l'État serbe par la Cour internationale de justice. Dans les trois pages concernées (pp. 120-122) de son livre Paix et Châtiment et au départ dans son article sur le même sujet Vital Genocide documents concealed 4, Hartmann révélait que les juges de la Chambre d’appel du TPIY avaient en l'état violé les normes internationales et le règlement de procédure du TPIY lorsqu’ils avaient conclu l'accord avec la Serbie. Le TPIY n'a jamais contesté la véracité de ce que Hartmann a écrit. Le lundi 14 septembre 2009 à La Haye, la Chambre de première instance a condamné Hartmann à 7 000 euros d'amende pour »outrage au Tribunal" pour avoir divulgué des informations encore classées confidentielles. Le jugement reconnaît que les informations confidentielles concernant l'accord entre le TPIY et la Serbie pour lesquelles Florence Hartmann était poursuivie avaient été révélées avant ses publications. La chambre note en revanche que le mode de raisonnement, appliqué par les juges pour protéger l'État serbe d'une condamnation par la CIJ pour génocide à Srebrenica, n’était pas encore tombé dans le domaine public. « C'est un verdict qui tente d'imposer le silence sur les activités du TPIY » a estimé pour sa part Reporters sans frontières. Hartmann a déposé les 7 000 € d'amende sur un compte bancaire dédié en France en invitant le TPIY à demander l'assistance des autorités françaises pour recouvrer ces fonds aux fins de payer l'amende. Ainsi, un juge français aurait pu être saisi pour vérifier la légalité de la procédure à l'encontre de Hartmann devant le TPIY, avant que la France puisse disposer des 7 000 € sur le compte dédié. Le 16 novembre 2011, le TPIY commue l'amende en peine de sept jours de prison et lancé un mandat d'arrêt international ordonnant à la France d'arrêter Florence Hartmann pour la remettre au TPIY. Le 27 décembre 2011, la France a informé le TPIY qu’elle ne disposait « d’aucun fondement juridique lui permettant de donner suite à la demande d’arrestation et de remise au Tribunal visant Florence Hartmann . »